La Vie d'Ide en mode Bref...

Hier soir je me suis mise en mode cocooning. Et là, lovée dans mon canapé parce qu'il n'y avait pas grand chose à la télé, j'ai eu une révélation. Je me suis dit que pour être acteur de sa société, il fallait être informé. J'ai alors compris pourquoi rien ne changeait jamais. Sûre de moi, j'ai décidé de prendre la situation à bras le corps. Je ne regarderai pas "The walking dead". Ce soir, je me cultive.

J'ai attrapé mon portable et, même pas peur, j'ai tapé "info". La tête de Marifolle est alors apparue sur mon écran. J'ai eu la trouille de ma vie. J'ai refermé l'ordi fissa. Dans la panique, j'ai viré le chat du sofa et j'ai planqué le PC sous une pile de coussins. J'ai attendu. Il ne s'est rien produit. Je me suis dit que j'allais pas me laisser intimider par une demi-folle qui allait sans doute se barrer dans pas long.

J'ai pris mon courage à deux mains. J'ai avalé une tablette de motilium pour pas gerber et je suis retournée sur mon PC. Sur le site espaceinfirmier.com, y'avait toujours la tronche à Marifolle qui paraissait vouloir nous dire quelque chose.

j'ai commencé à décortiquer ses propos et j'ai vite compris qu'elle allait encore nous la faire à l'envers. Après un constat sur la situation des infirmiers que tout le monde connaît, quelques larmes sur les suicides récents dans la profession. Après en avoir conclu que ces drames l'avaient beaucoup touchée, Marifolle nous parle dans cet article de sa stratégie nationale pour l'amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé. J'en ai la berlue, Marifolle va prendre des mesures ! Je me dis de suite que c'est un putain de programme et qu'elle y arrivera jamais vu le peu de mois qu'il lui reste à tirer. Mon petit doigt, très loquace en ce moment, me suggère même qu'elle en a rien à foutre. J'aurais tendance à dire que ce sont des paroles en l'air parce que je suis nettement plus polie que mon petit doigt et je poursuis quand même. Je me dis que c'est ça le courage de la combattante que je suis et je continue dignement ma lecture.

J'arrive alors au passage de l'article où elle semble décrire les origines de nos maux. J'ai alors envie de l'abattre, de l'étriper, de la dézinguer, de l'atomiser, vomir. Je reprends un peu de motilium et du nausicalm pour la route et je poursuis. En gros, elle nous explique que si nous n'allons pas bien, c'est que nous sommes fragiles. Putain, c'est vrai quoi, les gars, les filles, au temps d'avant, les soignants, c'était pas des mauviettes, ça ne se suicidait pas pour un oui, pour un non, ça crevait tranquille sans faire de bruit. Elle parle à mots couverts des projets politiques de François le Taciturne (ne pas confondre avec François le mou qui nous sert de président actuel !) , projets qui, selon elle "annoncent la mise à bas de notre modèle de sécurité sociale et qui prévoient la disparition de centaines de milliers d’agents publics".

Je me refais le film à l'envers. Je me dis qu'en 2015, Marifolle avait présenté son plan pour dégager 10 milliards d’euros d’économies pour l’Assurance maladie d’ici à 2017, dont 2 milliards d’euros pour l’hôpital et 1 milliard grâce au développement des soins ambulatoires. Son plan s'appuyait sur la masse salariale, comme le rappelle la Fédération hospitalière de France (FHF) : «Dans un contexte budgétaire contraint, la masse salariale peut devenir un levier, les dépenses de personnel représentant près de 70% du budget des établissements de santé.» Je me dis alors que Marifolle est encore en train de nous enfler ou pire, qu'elle est amnésique ou plus vraisemblablement qu'elle place ses billes pour les élections à venir. Une pulsion de destruction m'anime soudainement. Je sens que mon ordinateur va y passer. Je me raisonne, je me mets dans la  position du lotus et je respire...avant d'attaquer la suite.

Pour pallier le manque d'effectifs dans les hôpitaux, Marifolle propose de faire du management et pas n'importe lequel puisque celui-là, mesdames et messieurs sera performant. A croire que jusqu'à présent, les têtes pensantes des hôpitaux n'étaient qu'une bande d'incapables payés grassement par l'État pour ne rien foutre. Elle propose donc d'offrir des outils informatiques pour gérer les plannings. Comprenez, y'aura toujours pas de personnel mais c'est pas la faute du cadre si on vous rappelle sur vos congés, c'est la faute au logiciel. Elle envisage également de mettre en place des médiations pour régler les conflits interpersonnels ou plus simplement dit, des réunionites qui d'aiguës vont passer au stade chroniques et ce, tout en ménageant du temps pour soi parce que "On ne peut pas s’épanouir personnellement lorsque l’on est rappelé sans cesse pendant ses congés" nous confie Marifolle.

La grande ambition de Marifolle est de détecter les risques psychosociaux. Je me remémore ma formation à l'Ifsi. J'ai un doute, je demande à mon ami google la définition de "risques psychosociaux" et je me dis que ce type de risques, nous les connaissons très bien, nous y sommes même confrontés presque chaque jour dans notre exercice. Je me dis aussi que c'est un peu ce à quoi nous avons été formés. Je pressens que Marifolle va nous faire repasser notre diplôme dans pas long parce qu'il est pas complet. J'ai envie de me lui tirer une balle dans la tête. Le lotus, la respiration et tous les trucs zens ne calment pas ma colère. Masochiste, je poursuis.

Marifolle projette également de créer des services de santé au travail pluridisciplinaires. Ces services devront inclure des psychologues, des conseillers en prévention des risques professionnels et des assistants sociaux. 30 millions d’euros sur 3 ans seront consacrés à ce déploiement. Je me demande alors pourquoi un tel budget n'est pas alloué pour embaucher des infirmiers. Dans un état second, je me revois soudain tirer au panier lorsque je jouais au basket, j'attrape mon pc, je vise la fenêtre entrouverte et je me jure de me contenter dorénavant de regarder "The walking dead".

Bref, j'avais un ordi...

 

 http://www.espaceinfirmier.fr/actualites/au-jour-le-jour/articles-d-actualite/161204-marisol-touraine-on-ne-peut-pas-s-epanouir-personnellement-lorsque-l-on-est-rappele-sans-cesse-pendant-ses-conges.html

 http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/02/28/97002-20150228FILWWW00126-hopitaux-un-plan-a-3-mds-d-economie.php