Les Petits Paniers font les Grandes Économies !

François le Taciturne (Ne pas confondre avec François le Mou qui nous accompagne depuis cinq longues années !) nous l'a annoncé lors des primaires, s'il est élu monarque président de la République, il réservera "l'assurance-maladie solidaire à la prise en charge des affections de longue durée et des hospitalisations". Il laissera "le petit risque, les consultations courantes aux mains de l'assurance privée."

François a donc le fabuleux projet de nous concocter des petits paniers standardisés mais toutefois personnalisés un peu comme dans une AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne assurance privilègiée !). Selon lui, le panier de soins sera dynamique et pourra évoluer chaque année. Nous aurons par exemple le panier garni standard, le panier garni premium, silver, gold ou platinum, mais aussi, et c'est sans doute le plus important, le panier dégarni ou le panier light voire ultralight pour tous ceux, nombreux, qui n'auront pas les moyens de s'offrir le luxe de payer une assurance privée hors de prix et ainsi d'être soigné convenablement.

En quelques mots, afin de combler le déficit de l'Assurance maladie, la sécurité sociale en version "taciturne" va donc se désengager au profit des mutuelles.

Ce que François le Taciturne omet de nous dire,  tant il est vrai que l'on ne peut penser à tout lorsque l'on prétend avoir le sort de la France entre ses mains, c'est que la fonte des remboursements des soins ne va certainement pas diminuer nos cotisations sociales. Nous pouvons même d'ores et déjà en déduire qu'elles vont très vraisemblablement augmenter.

Travailler plus pour gagner moins, payer plus pour se soigner moins, telle sera sans doute la devise de demain...

Le Panier LIght, Ultralight ou Dégarni !

Ce panier de soins sera, sans aucun doute, le plus connu de tous. Ce petit panier ridicule concernera les salariés en bonne santé et ceci, quels que soient leurs revenus.

Peu de choses à l'intérieur en somme, trois broutilles, juste le packaging nécessaire pour être tiré d'affaires en cas d'hospitalisation, forfait hospitalier exclus, bien évidemment. Tout le reste, à savoir les soins dentaires, les lunettes, les appareils auditifs, la grippe, la gastro, les rhumatismes, l'arthrose et autres pathologies non inscrites sur la sainte liste des affections longue durée seront à votre charge ou plutôt à celle de votre mutuelle qui ne manquera pas de gonfler vos cotisations en fonction de votre état de santé.

Seuls les salaires les plus modestes pourront prétendre à bénéficier d'une prise en charge totale de leurs soins.

Les Affections Longue Durée !

En France, près de 10 millions de personnes bénéficie du dispositif des affections de longue durée (ALD) parmi lesquelles les cancers, le diabète, l'insuffisance rénale chronique, l'infection au VIH...La dépense de l'Assurance maladie pour les soigner s'élève à 9 200 euros par an et par personne soit 90 milliards d'euros au total. Le surcoût lié à l'exonération du ticket modérateur représente 12.5 milliards.

En 2015, la direction générale du Trésor trouve la facture relative à la prise en charge des patients en ALD trop salée. Elle demande alors une réforme en profondeur de ce système de prise en charge qui, selon elle, n'est plus adaptée. Diverses propositions ont alors été émises. Parmi elles, la réduction du nombre de pathologies couvertes ainsi qu'un contrôle plus strict des paramètres d'inclusion. Parmi la peste ou le choléra, il faut avouer qu'il est difficile de faire un choix. Une autre option serait de revoir complètement le principe de cette prise en charge des patients en ALD qui permet tout de même à beaucoup d'entre eux de rester tout simplement en vie. Il pourrait s'agir d'un système de plafonnement annuel du reste à charge pour les assurés en ALD. 

Objectifs 2017 !

En 2017, pour être bien soigné, il faudra être pauvre ou en ALD, tel pourrait être le slogan de l'année à venir...

Le déshabillage en bonne et due forme de notre bonne vieille dame sécu pourrait bien avoir des effets opposés à ceux envisagés. Restreindre les remboursements des soins en dehors des hospitalisations, aux seuls bénéficiaires d'ALD et aux revenus modestes risquent en effet de propulser une partie de la population dans l'obligation de ne plus se soigner faute de moyens suffisants. En France aujourd'hui, une personne sur trois renonce à des soins pour des motifs financiers. Qu'en adviendrait-il alors ?

Les mesures annoncées par François le Taciturne verraient sans doute grossir à moyen terme les rangs des patients en ALD. L'exemple de l'hypertension artérielle est révélateur de la catastrophe qui pourrait bien se profiler si les traitements anti-hypertenseurs n'étaient plus remboursés par l'assurance maladie. Depuis juin 2011, l'hypertension artérielle sévère a été rétirée, par décret, de la liste des Affections de Longue Durée. Les traitements de ces patients hypertendus sont parfois lourds et onéreux. Jusqu'à présent, ils étaient pris en charge par l'assurance maladie. Qu'en sera-t-il si demain, ils ne l'étaient plus ? Combien d'accidents vasculaires cérébraux, combien d'infarctus, combien d'insuffisances rénales de plus dans les statistiques ? Quelle perte en terme de coût puisqu'il faut parler d'économie et de médecine comptable ?

La Seringue.

 

 

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/09/06/97002-20160906FILWWW00136-france-faute-d-argent-les-plus-pauvres-sacrifient-leur-sante.php

http://www.lesechos.fr/19/04/2015/lesechos.fr/02117940227_le-tresor-alerte-sur-l-envol-du-cout-des-maladies-chroniques.htm