Quelle Teuf  Mes Amis !

Voilà, c'est fini, rangés les strass, les paillettes et les serpentins, on réajuste son chignon "hôtesse de l'air", on range ses escarpins, son rouge à lèvres "séduction intense" et ses oreilles de Mickey. On reprend forme humaine enfile sa tenue de travail pratique, confortable et résistante des 364 autres jours de l'année (Traduisez moche !) et on pleure sur sa vie. La journée internationale de l'infirmière s'est éteinte la nuit dernière à 0h00. On a tous cru jusqu'à 23h59 qu'un miracle se produirait mais rien ! Pas de fleurs qui illuminent la journée, pas de chocolats qui flattent la gourmandise, pas de fanfare, pas de méga fiesta, pas de feux d'artifice, pas de mails de notre ministre de la santé qui nous rappelle Ô combien, nous sommes utiles et aimés de tous, que dalle, nada, peau de zébi, silence radio à tous les étages ! Ah si, pour ma part, un courrier des impôts, de la Carpimko et de l'Urssaf ...Les trois en même temps, j'ai tiré le gros lot ! Cela s'appelle de la chance...

24 heures pour briller et trois ans pour être une force pour le changement !

Depuis 2014, le thème de la journée internationale des infirmières retenu pas le CCI (Conseil International de Infirmières) est le suivant : "Les infirmières, une force pour le changement". A cette thèmatique qui s'inscrit sur trois ans s'adjoint un sous-thème qui varie chaque année.

Ainsi, l'objectif de 2014 définissait les infirmières comme une force pour le changement : une ressource vitale pour la santé. Celui de 2015 mettait l'accent sur des soins efficaces et rentables. Pour l'année 2016, il est question de systèmes de santé plus résilients.

Trois longues années donc pour que les infirmiers du monde entier deviennent une force pour le changement ! Ben mazette, quel programme...et quel courage...Il va y avoir un boulot de fous et il ne reste que... sept petits mois pour se bouger le derrière.

Il est utile de rappeler qu'en France, il existe un fléau qui décime les forces vives de la profession qui se nomme burn-out. L'Association d'aide aux professionnels de santé et médecins libéraux (AAPML) et les infirmiers et kinés libéraux de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) d’Ile-de-France ont présenté une enquête sur le burn-out en novembre 2014 dont les chiffres sont pour le moins alarmants. Parmi les personnes interrogées, 62 % des infirmiers et 61 % des masseurs-kinésithérapeutes d’Ile-de-France se sentent personnellement menacés par ce syndrome. La situation n'est guère plus reluisante dans d'autres parties du globe puisque là aussi, les soignants sont touchés. Chez nos amis belges, selon une étude réalisées sur  196 hôpitaux en 2011-2013, 6.9 % des infirmiers souffrent de burn-out et 13 % appartiennent au groupe à risque, 25 % d'entre eux obtiennent un score élevé en termes d'épuisement émotionnel.

S'agirait-il d'une pandémie ?

Selon l'European Institute for Intervention and Research on Burn out (EIIRBO), le burn-out est un mal systémique issu de problèmes organisationnels basés sur la rentabilité financière. Les métiers de la santé sont fondés sur l'humain et l'obligation d'en prendre soin sans aucune notion de résultats en terme de coût. Les méthodes de gestion de notre système de santé seraient donc génératrices de problèmes au sein des structures de soins. Les risques encourus peuvent se manifester par un fort taux d'absentéisme, un turn-over important, un manque de motivation du personnel, un taux d'efficacité qui chute, une baisse dans la qualité du travail, une élévation du risque de suicide. A ce sujet, le directeur de l'EIIRBO recommande un management citoyen du système de santé.

Ajoutons que nos troupes sont pour le moins démotivées, que la filière n'attire plus, que les conditions d'exercice ne cessent d'empirer que ce soit en intra ou en extra-hospitalier.

Pour bâtir une armée capable de devenir une force pour le changement, il faudrait en premier lieu traiter le ver qui est dans le fruit et s'occuper de nos soignants écorchés par un système qui les broye petit à petit. Il serait donc souhaitable que la thématique retenue pour les trois prochaines années à venir soit centrée sur le soignant et son bien-être dans un intitulé qui pourrait être : "Les infirmiers, en prendre Soin".

Nota Bene : Il est aussi  grandement temps de rayer ce petit "e" inutile (infirmiere) et d'accueillir ainsi la gente masculine dans notre vocabulaire.

Trop hâte d'être en  2017 pour voir ce que l'on va nous pondre !

La Seringue.

 

http://www.icn.ch/fr/publications/2014-nurses-a-force-for-change-a-vital-resource-for-health/

http://www.icn.ch/fr/publications/2015-nurses-a-force-for-change-care-effective-cost-effective/

http://www.icn.ch/fr/publications/2016-nurses-a-force-for-change-improving-health-systems-resilience/

http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/8811-Burn-out-une-menace-pour-plus-de-60-des-infirmiers-et-kines

http://www.emploi.belgique.be/moduleDefault.aspx?id=36139

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&ved=0ahUKEwia7_aIl9fMAhVIXBoKHSfoBwAQFgguMAI&url=http%3A%2F%2Fwww.burnout-institute.org%2Finfos%2Fpresse%2FBurnout_Tempo_March_2013_Fr.pdf&usg=AFQjCNHs7wAO3I6I7bONFDUpu0_IhiwzWA&cad=rja