Suite au billet "Moi, Marie-Chantal, infirmière libérale", Je voudrais m'excuser auprès de toutes les Marie Chantal de France et de Navarre qui officient comme infirmières libérales, je m'excuse aussi auprès des Karl et des Pascal ses confrères. Mon choix s'est porté sur ces prénoms parce qu'ils sont très peu usités aujourd'hui. J'ose espérer que les personnes concernées seront  peu nombreuses et surtout très tolérantes à mon égard. Je voudrais vivre encore un peu si vous me le permettez.

Marie-Chantal, vous l'avez compris est une  petite caricature qui appartient aux épiphénomènes et  qui ne reflète pas la réalité de terrain ou si peu, du moins je l'espère. Elle a pris vie sur ce blog pour que nous prenions conscience que nous ne sommes pas parfaits et qu'il nous est possible de faillir.

Nous nous débattons dans l'existence avec nos armes, certains étant plus outillés que d'autres. Nous trainons tous nos maux, nos casseroles, nos défauts, nos carences, nos différences. Nous sommes tous importants. L'autre est parfois seulement là pour nous rappeler ce que nous voulons surtout ne pas être. Ce que nous voyons en lui n'est que le reflet de notre propre miroir.

Et si nous prenions de la distance ? Distanciation que nous avons appris à avoir envers nos patients de manière théorique et pratique mais qu'il nous est bien difficile de retrouver entre nous...

 

Je crois qu'il est impératif de dézinguer le mythe de l'infirmière douce et vertueuse qui nous colle à la peau depuis la nuit des rats. Les garçons sont à nouveau abandonnés sur ce coup là puisqu'ils véhiculent une image bien différente de la nôtre et qu'à la nuit des rats, les infirmiers mâles n'étaient pas encore nés ! Autre thème à creuser dans un futur proche !)

L'odeur de sainteté qui fut la nôtre pendant des siècles nous a surtout desservi et nous en payons le prix aujourd'hui. Il suffit de prendre la mesure de la vindicte populaire sur les affaires de fraudes dont certaines de nous sont accusées. L'infirmière, pure et angélique est devenue aux yeux de la population une vulgaire délinquante qui doit être punie. Si j'osais, je l'assimilerais à l'ange déchu exilé du paradis pour sa désobeissance.

Je ne vais pas minauder sur le sujet, je suis pour la manière forte, à savoir : soigner le mal par le mal. Donc aux grands maux, les grands remèdes ! Terrassons cette figure iconographique de sainte nitouche effarouchée et opposons lui son contraire : La harpie de service qui fait trembler dans les chaumières. Le choc est brutal, je sais mais salutaire et thérapeutique. Essayons ensuite de trouver un compromis entre l'ange qui touche à la perfection et le démon qui vous dévaste la profession de manière apocalyptique. Une chose est certaine, le changement de notre image dans l'imaginaire collectif viendra surtout de nous et de nous seules. Quelle perception avons-nous de nous mêmes ? Que véhiculons-nous ? Que doit-on abandonner pour faire évoluer notre image ?

La Seringue.