Petit coup de coeur du mois ! Allez, on sort son kleenex parce qu'on va être ému et on se recueille !

Alors, primo pour me faire plaisir, ensuite pour faire plaisir aux Lorrains de souche ou de coeur. Oui, oui, ne ricanez pas, ça existe, j'en fais partie et y'en a d'autres que je ne citerai pas ici pour ne pas entacher leur réputation, non mais !. Deuxio, pour rendre hommage à une très grande dame dont peu de gens connaissent l'histoire extraordinaire. Tertio, pour nous réconcilier avec nous mêmes et notre profession parce qu'elle fut infirmière elle aussi.

Allez séquence émotion et loving you : Très chère Marie Marvingt, je ne vous connaissais pas jusqu'à hier comme la plupart d'entre nous je pense, mais je vous admire et je vous aime. Vous êtes pour moi le symbole de l'émancipation et du courage de la femme du XXème siècle. Afin de vous rendre hommage et ne pas oublier qui vous étiez chaque matin du reste de ma vie, je vais dresser dans mon salon un autel à votre intention aux côtés de Vishnou, Krishna, Shiva, Martin Luther King, Bob Marley et Claude François. Oui je sais, j'ai beaucoup d'idoles ! Vous êtes dorénavant le moteur de mon existence. Très Chère Madame, Merci d'avoir été....et par ce petit hommage, j'espère vous faire connaître et rallumer le flambeau de votre mémoire. Ça fait discours du soldat inconnu mais c'est comme ça et toc !

Marie Marvingt ((1875-1963) était la femme la plus décorée de France - détentrice de 34 médailles et décorations de France et d'ailleurs. En plus des précitées, elle détenait la Croix de Guerre 1914 -1918 avec palmes, les Palmes Académiques ; la Médaille de l'Aéronautique; la Médaille de la Paix du Maroc.

Elle était infirmière diplômée et assistante en chirurgie. Journaliste, elle écrivait sur l'aviation, les sports, et les personnalités. Elle était brillante cavalière et travaillait à tous appareils, maniait poids et haltères, pratiquait la boxe, la lutte, le jiu-jitsu, le judo, le karaté, le tennis, le golf, le billard, le water-polo et le polo à cheval, le hockey, le base-ball, le football, le saut, la course à pied, travaillait sur le fil de fer et savait jongler et dompter ; pratiquait aussi le skiff, le canot automobile, le vol à voile, l'aéroplane, et maniait avec succès le sabre, l'épée et le fleuret ; championne au tir aux pigeons, elle chassait la panthère et le phoque.

Seule femme au monde détentrice de quatre brevets : avion, ballon, hydravion, hélicoptère ; elle pilotait également des dirigeables.

Elle parla 5 langues et étudiait le droit et la médecine. A aussi étudié la tragédie, le chant, le dessin, la peinture, la sculpture, les danses anciennes et modernes, et la cuisine pour laquelle elle reçut un prix ; pratiqua l'hypnotisme, la graphologie, la chiromancie, l'astrologie, la phrénologie, la physiognomonie, la géodésie, la taxidermie, la météorologie, la psychologie, la topographie, l'océanographie etc..

A 5 ans, elle s’adonne à la natation avec succès puisqu’elle est en mesure de franchir 4000 mètres. Agée de 15 ans, elle pagaie en canoë sur 400 kilomètres de Nancy à Coblence.

En 1905, elle est la première femme à franchir la Seine à la nage, au cœur de Paris. A cette occasion, elle gagne le titre d’« amphibie rouge » en raison de la couleur de sa tenue.

D’autres sports font l’objet de ses faveurs : cyclisme, ski, alpinisme, patinage, escrime, équitation, gymnastique, golf, polo, bobsleigh, boxe, arts martiaux, football et tir. De nouveaux prix tombent entre ses mains dans quasiment toutes ces disciplines.

En 1907, lors d’une compétition internationale de tir, elle se classe première et se voit décorée des palmes du premier tireur par le ministre de la guerre en personne.

Elle marque particulièrement les saisons hivernales de 1908 à 1910 à Chamonix, à Gérardmer et au ballon d’Alsace. Dans le championnat féminin de bobsleigh, elle remporte l’édition 1910 de la coupe Léon Auscher.

Entre 1903 et 1910, elle vainc de nombreux sommets des Alpes suisses et françaises, effectuant parfois deux ascensions dans la même journée ! Dans l’essentiel des cas, elle est la première femme à escalader ces montagnes.(Verdun-Meuse.fr)

A deux roues, ses performances sont spectaculaires. En 1908, sa participation au Tour de France est rejetée car la compétition est uniquement ouverte aux hommes. Qu’à cela ne tienne, elle réalise le même parcours en décalé. Elle effectue également à bicyclette le trajet Nancy-Naples pour observer une éruption volcanique. A noter que dès 1910, elle est honorée de la Médaille d’Or de l’Académie des Sports, pour tous les sports.

Lorsque la guerre éclate en 1914, la jeune aventurière pense que ce conflit peut lui offrir de nouvelles expériences. Bien que son statut de femme ne lui permette pas de combattre, Marie Marvingt s’en moque. Elle se déguise en homme et intègre le 42e bataillon de chasseurs à pied sous le nom de "Beaulieu".

La supercherie est vite démasquée par d’autres officiers. La "poilue" est pourtant autorisée à rester sur le front par le maréchal Foch mais en tant qu’infirmière, dont elle possède le diplôme.

Elle rejoint un bataillon de chasseurs alpins dans les Dolomites en Italie. Jamais à court d’idées, la Française entend aussi développer l’aviation sanitaire pour accélérer le transport des blessés : "C’était le succès qui lui tenait le plus à cœur. En 1909, elle avait déjà transmis ce projet au ministère de la Guerre. 

Après le conflit, "la fiancée du danger" parcourt la France et le monde pour raconter sa vie trépidante, de conférence en conférence. Refusant de se marier et sans enfant, elle continue aussi d’œuvrer pour promouvoir l’aviation médicale, notamment lors de la Seconde Guerre mondiale.(France24.fr)

En 1960, à 85 ans, elle passe le brevet de pilote d’hélicoptère. En 1961, elle fait Nancy - Paris en bicyclette à l'âge de 86 ans, et l'après-midi de son arrivée survole Paris dans un hélicoptère à réaction.

Mais malgré cette vie flamboyante, à son décès, le 14 décembre 1963, c’est dans un hospice que la vieille dame s’éteint, dans un relatif anonymat. Celle qui avait fait les beaux jours de la presse n’est plus qu’un vague souvenir des heures glorieuses de l’aviation. Les héros ont la vie dure...

La Seringue.