Ainsi soit-il, la loi de santé a été adoptée par le Parlement en ce jeudi 17 décembre 2016. La médecine libérale est en colère et on les comprend.

Selon le quotidien Libération, "97 % des médecins  estiment subir trop de contraintes, économiques et administratives" et 74 % d'entre eux sont même pessimistes" quant à l'avenir de la profession. Les chiffres parlent d'eux-mêmes en matière de pressions et de désillusions.

Bien que l'avis des patients et des autres professionnels de la santé soit rarement sollicité, leur déception est  toute aussi  grande puisqu'ils vont subir de plein fouet, eux aussi, les nouvelles dispositions de cette loi de santé. Le pouvoir est à présent dans les mains des Agences Régionales de Santé et des mutuelles ou assureurs qui vont ensemble définir un cahier des charges en matière de soins qu'il faudra respecter pour être payé ou remboursé. La notion d'efficience deviendra alors le premier critère dans les prises en charge, laissant derrière elle l'efficacité, l'égalité mais aussi la confidentialité en matière de santé.

 

Les manifestations attendues par le plus grand nombre mais brisées dans l'œuf suite aux évènements du 13 novembre 2015 ont eu raison du moral des troupes. L'état d'urgence ainsi que le caractère apocalyptique des attentats ont baillonné les foules et dompté toutes volontés de revendications.

L'avenir de l'exercice libéral est à présent à reconsidérer puisque sa forme actuelle semble moribonde. Le nombre de professionnels qui songent à quitter leur cabinet, à déplaquer ou à se reconvertir ne cesse de croître et cette désaffection pour un métier où l'on a souvent consacré de nombreuses années de sa vie favorise l'apparition de structures telles que les maisons de santé pluridisciplinaires.

Dans le cadre de la lutte contre les déserts médicaux, le gouvernement prévoit la création de 1000 maisons de santé sur le territoire à l'horizon de 2017 (elles étaient au nombre de 600 en 2014). Nous sommes en droit de nous interroger sur les motivations de cette loi de santé qui pourraient être un simple outil pour décourager voire écœurer purement et simplement les professionnels de leur mode d'exercice. Il s'agirait en quelque sorte d'une stratégie du dégoût dépeuplant peu à peu les cabinets et permettant ainsi la multiplication des structures où le libéral ne serait plus qu'une illusion.

Depuis l'adoption de la loi santé de Marisol Touraine, l'état d'urgence se trouve également dans la survie de l'exercice libéral. La grande conférence santé prévue le 11 février 2016 sera-t-elle à même de changer la donne ?

La Seringue.

 

http://www.liberation.fr/france/2015/12/17/la-loi-sante-adoptee-les-medecins-en-ebullition_1421442

http://www.gouvernement.fr/action/la-lutte-contre-les-deserts-medicaux