L'Obsolescence de nos Actes

Dans notre très bien aimée Nomenclature Générale des Actes Professionnels relative à la profession d'infirmier libéral, l'article 1er énumère les prélèvements et injections qui relèvent de notre compétence ainsi que les cotations y afférents. Parmi ceux-ci, il  y en a un en particulier qui a toujours attiré mon attention mais qui reste et demeure une sorte de quête inassouvie, un mirage, une fantasmagorie dans ma pratique pourtant déjà ancienne.

Il s'agit bien évidemment de l'injection d'un sérum d'origine humaine ou animale selon la méthode de Besredka, pour laquelle la sécu nous gratifie royalement d'un AMI 5 soit 15.75 euro, surveillance comprise. Une somme pareille allouée pour de petites injections, il doit y avoir une erreur, un coup fourré, une duperie  ! 

Le désir de vous éclater sur ce type de soins vous chatouillait la main droite ou gauche au choix, et bien sachez  que  ces injections sont de moins en moins pratiquées et tombent en désuétude. On comprend donc aisément la quête du Graal en ce qui les concerne.

Bedreska, mon amour !

La méthode de Besredka est une technique qui consiste à injecter un sérum par petite fraction. La dose à injecter est fractionnée, l'injection de la plus grande part du sérum étant précédée, à des intervalles et à des dosages variables, d'une ou de plusieurs injections d'une très petite quantité du même sérum. Le sérum hétérologue, c'est-à-dire d'origine animale est un sérum qui a été préparé à partir de sérum d'animaux tels que le mouton, ou le cheval. Leur fabrication est peu onéreuse mais leur utilisation comporte parfois des risques tels que des réactions allergiques immédiates pouvant aboutir à un choc anaphylactique ou une maladie sérique dans les situations de réactions retardées.

La méthode de Besredka permet d'éviter la survenue de ces réactions. Le sérum est injecté de quart d'heure en quart d'heure, 1/10 10 millilitres puis un quart de millilitre, puis le reste de la dose.

Au final ...

Voici donc un acte d'un autre âge parfaitement inutile dans notre nomenclature. Heureux sommes-nous d'ailleurs de ne pas y trouver encore la pose de ventouses ou les cataplasmes à la moutarde de nos arrières grands-mères.

Par contre, les soins relevant de notre rôle propre que nous pratiquons chaque jour n'ont pas de cotations spécifiques dans la Nomenclature générale des actes professionnels. Ils sont inclus dans les actes infirmiers de soins (AIS).

Rappelons tout de même que la reconnaissance de notre rôle propre en 1978 nous a ouvert la porte de l'autonomie puisqu'il nous a donné la possibilité de poser des diagnostics infirmiers et que nous avons tout intérêt à nous battre pour qu'il perdure.

La Seringue.

 

Injection d’un sérum d’origine humaine ou animale

selon la méthode de Besredka, y compris la surveillance………………………………… 5

njection d’un sérum d’origine humaine ou animale

selon la méthode de Besredka, y compris la surveillance…………………………

http://www.larousse.fr/archives/medical/page/119