Une sombre découverte !

L'humanité a vécu des épidémies de famine, de choléra, de peste, de grippe espagnole, de polio et de variole qui ont, en leurs temps,  terrifié et décimé une bonne partie de la population mondiale. Elle a sombré dans la dépression en 1929 laminant au passage des millions de familles.

En ce début de 21ème siècle, les infirmiers libéraux ont, eux aussi, une affection qui leur est propre et qui ronge douloureusement leur profession depuis quelques années. Cette pathologie d'un nouveau genre pourrait être comparée à une forme de peste qui se propagerait de manière endémique semant la terreur et l'effroi parmi nos confrères et consœurs. Il semblerait que des pointages informatiques liés à des contrôles soient à l'origine de ce fléau. Bacille, bactérie, virus, nul n'est pour le moment en mesure de préciser le responsable du mal qui laisse sur le carreau beaucoup d'entre nous.

Le Diagnostic

Le diagnostic de la maladie de la fraude est établi sur des données purement informatiques. Un ordinateur s'emballe parce qu'il est de mauvais poil ou simplement parce qu'il est souffreteux, ou les deux à la fois. Le verdict est posé, la fraude est avérée.

Pour compléter cette découverte,  on peut toutefois effectuer un bilan d'extension. Il peut s'agir de contrôles fiscaux, de mise sous surveillance lors de vos tournées ou d'interrogatoires de vos patients. C'est un travail en sous-marin dont vous n'êtes pas avisé la plupart du temps. Telle la peste, la maladie de la fraude est insidieuse et maligne.

Cette pathologie comme toute maladie contagieuse est à  déclaration obligatoire. Les informations sont communiquées par voie de presse ou par l'intermédiaire des médias qui ne se privent pas de s'en faire le relais et ainsi, nourrissent un peu plus le mépris, la honte et la peur qui sont les acolytes affichés de la fraude.

Les symptômes

Le diagnostic est posé, vous êtes atteint et on ne peut que compatir et se dire que vous n'avez pas de bol. On est cependant soulagé de ne pas faire partie de la charrette des coupables.

La première notification venue, ce qui correspond à une annonce de la maladie purement administrative, les premiers symptômes commencent à apparaître. Non, on ne vous auscultera pas personnellement, n'ayez crainte, mais vos comptes seront épluchés, c'est certain.

Suivant les individus touchés, plusieurs manifestations ont été signalées. Le peur reste et demeure le symptôme de premier choix, viennent ensuite selon les individus exposés, la sidération, l'affliction, la colère, la rage, le déni, la dépression, les états suicidaires, le burn-out.

Le caractère contagieux de la pathologie expose les malades à la solitude et à l'isolement. Ce qui exacerbe de manière tangible les symptômes cités précédemment.

Parce que la guérison et la rédemption sont des chemins de croix à parcourir, beaucoup de professionnels songent à changer de métier. Le parcours qui va de la notification d'indu au tribunal est long et surtout douloureux. Plusieurs années sont nécessaires pour sortir de ce tunnel et les stigmates de cette petite virée au pays de la justice laissent souvent des séquelles à vie.

La Seringue.