Cher Papa Noël,

Je te promets que nous avons tous été très sages cette année. Maman Buzyn et papa Macron peuvent être fiers de nous. Pas de vagues à signaler, pas de manifestations, pas de grèves, pas de réclamations qui puissent mettre la France en péril. Les matraques, tasers, lacrymos et autres canons à eau sont restés paisiblement rangés dans les brigades. Dormez tranquilles bonnes gens ! Raisonnables et obéissants avons-nous toujours été, raisonnables et obéissants toujours nous serons. La mémoire d'un passé pas tout à fait dépassé nous colle encore aux spartiates. L'esprit cornette n'est pas mort, vive la vocation !

Cette année encore, nous avons tendu la joue droite puis la joue gauche et comme si cela n'était pas assez, nous avons offert notre digne postérieur afin que l'on puisse nous éjecter à grands coups de pompe du parcours de soins. A n'en point douter, 2018 est un grand cru. A commencer par les Had qui ont continué à vampiriser nos patients et nous n'avons rien dit. Et puis les pharmaciens qui nous ont poignardé dans le dos avec leur droit à la vaccination contre la grippe et nous n'avons rien dit. Ensuite, le gouvernement qui nous a bien berné avec la publication en catimini du décret relatif à la reconnaissance de l'exercice partiel des professions de santé. et là encore, n'avons rien dit.

Notre silence vaut consentement j'imagine.

Alors, cher Papa Noël, Cette année, je souhaiterais que tu offres trois cadeaux à chaque infirmier libéral de ce pays. Le premier s'appelle solidarité. Il est plutôt léger, tient peu de place mais remplit le cœur de celui qui la possède. Le deuxième se nomme courage. Il donne à celui qui le reçoit l'impulsion nécessaire pour changer son destin. Il décuple dans l'adversité et devient une arme pour celui qui en use. Le troisième cadeau s'appelle combativité. Il s'entend parfaitement avec les deux premiers et permet d'arriver à ses fins. Voilà, Papa Noël, je t'attends avec impatience et j'espère vraiment que je pourrai assister aux prodiges des ces trois cadeaux en 2018.

A très bientôt.

Oui, je sais...je crois au Père Noël...

La Seringue.