Quelques Grammes en Plus ou en Moins...

1 040 grammes, c'est beaucoup plus que le poids de mon âme qui ne dépasse pas 21 grammes. C'est également plus que le poids de mon coeur  qui se situe aux alentours de 330 grammes et ce, qu'il soit gros, lourd ou léger. C'est aussi plus que le poids de mon utérus qui ne pèse que 644 grammes mais qui a pourtant permis de donner la vie par deux fois à des êtres de plus de trois kilos. 1 040 grammes, c'est plus que le poids de mes cheveux lorsque je les ai perdus. 

1 040 grammes, c'est  moins que le poids de mon cerveau qui pèse environ 1 300 grammes même si parfois il me semble vide. C'est moins que le poids de mon foie qui, du haut de ses 1 500 grammes supporte toutes mes frasques alimentaires sans broncher. C'est beaucoup moins que la totalité de ma peau qui pèse entre trois et quatre kilos pour une surface d'environ deux mètres carrés.

1 040 grammes, ce sont environ six pommes de terre et autant de pêches ou de bananes. C'est un joli pactole d'environ 40 000 euros d'or. Ce sont 168 morceaux de sucre dominos n° 4. C'est beaucoup trop de moutarde dans mon hotdog. Ce n'est pas assez de chocolat par année pour la gourmande invétérée que je suis. 1 040 grammes, c'est le surplus sur ma balance les lendemains de fêtes. Ce sont des milliers de plumes dans mon oreiller. Ce sont pas moins de 500 colibris qui butineraient à l'unisson dans mon jardin.

Le Poids de la Joie et Celui du Chagrin !

1 040 grammes, c'est un poids en moins, un sein en moins, une prothèse en plus.  C'est une cicatrice sur mon thorax, une échappée belle face au reflet dans le miroir. C'est l'apprentissage de l'asymétrie. C'est se trouver un air penché en dépit des efforts pour maintenir ses épaules droites. C'est rester belle par dessus tout. C'est se rappeler que l'on est encore là malgré et grâce à ce poids-là.

1 040 grammes, c'est le prix de ma survie. C'est un ouf de soulagement en salle de réveil. Ce sont des sentiments contradictoires qui se bousculent. C'est un mélange de colère et d'effroi mêlés à la profonde joie d'avoir bouté l'ennemi hors les murs.

1 040 grammes, c'est également le capital séduction qui se barre en sucette. C'est la mort du décolleté et du bikini. C'est la ménopause en accéléré version "retour vers le futur", cheveux ébouriffés. C'est une mutilation, une castration, une blessure narcissique. C'est la recherche d'une quête de sens, d'un pourquoi. C'est une culpabilité.

1 040 grammes, c'est une pièce opératoire disséquée, pesée, référencée, identifiée et identifiable par un code, un numéro de dossier, des options "nouvelle série" qui peuvent faire d'elle une star au milieu des stars, un spécimen rare, un exemple de mutation oncogénétique jamais encore décelé ou, inversement, un modèle de "déjà vu", connu et débattu pour chercheur blasé.  

Au final, 1 040 grammes, c'est un pronostic à court, moyen et long terme. C'est du grand art divinatoire pour les trente ou quarante prochaines années de la personne concernée. Cest un morceau de barbaque dont on ne connait ou plutôt dont on ne veut pas connaître la fin.

1 040 grammes, C'est l'envie d'y croire et de survivre. C'est l'immense joie d''être toujours en vie.

1 040 grammes, c'est juste l'histoire de milliers de femmes bouleversées.

La Seringue.