La profession d'infirmière a permis aux femmes de voyager dans les coins les plus reculés du globe. Elles ont ainsi pu accéder à une certaine autonomie qui a sans doute concouru à leur émancipation. Vashti Bartlett fait partie de ces exploratrices parties à l'autre bout de la Terre. Vashti naît en 1873 à Baltimore dans le Maryland. En 1906, elle est diplômée de l'École de formation pour les infirmières de l'Hôpital Johns Hopkins où elle exercer jusqu'en 1908, date à laquelle elle prend la décision de voyager. Son premier périple l'emmène à Terre-Neuve dans la ville de Deep Sea Fishermen où elle intègre la mission du Docteur Wilfred Grenfell, médecin britannique qui consacre sa vie à l'implantation de soins de santé dans le nord de l'île ainsi qu'au Labrador. A cette époque, les habitants de ces régions isolées sont pauvres et peu alphabétisés. L'alcoolisme fait des ravages. Vashti est impressionnée par le travail accompli depuis près de trente ans par le Docteur Grenfell. Non seulement, il a développé des services de soins mais il a aussi fait construire des orphelinats, des scieries et des voies d'accès aux hôpitaux là où il n'y avait pas de routes. Dans ces contrées battues par des conditions climatiques difficiles, la mission Grenfell permet également  à la population d'acquérir des enseignements en matière de prévention des maladies ou de l'alcoolisme et d'hygiène. Vashti exerce durant une année à Terre-Neuve. 

En 1909, elle rentre aux États-Unis où elle travaille à l'Hôpital Watts à Durham en Caroline du Nord et Baltimore. En mars 1915, elle rejoint la Croix-Rouge américaine et part pour l'Europe où la guerre fait rage depuis plusieurs mois. Elle occupe le poste d'infirmière en chef dans les hôpitaux de la Croix-Rouge américaine, d'abord en France, à Pau,au Palais d'hiver transformé en hôpital puis en Belgique à Lapanne.

Elle rentre aux États-Unis en 1916 et trouve un poste d'assistante auprès de Clara Noyes, responsable auprès de la Crois-Rouge américaine, de l'inscription, de l'organisation et de l'affectation des infirmières et du programme de la Croix-Rouge. Elle incorpore le service des infirmiers des l'armée en août 1918 et rejoint l'hôpital complémentaire n° 71 installé dans le lycée Carnot à Dijon. Elle y exerce comme infirmière en chef jusqu'en avril 1919.

En juin 1919, les États-Unis envoient une aide militaire et humanitaire en Sibérie. Vashti fait partie du convoi. Elle fait escale au Japon , rallie Vladivostock, puis Harbin en Mandchourie où sévit une épidémie de choléra. Elle aide à établir un hôpital de la Croix-Rouge américaine et enseigne les bases de l'accueil, de l'hygiène et des soins aux malades. Elle y restera jusqu'en février 1920.

A la demande de la Croix-Rouge américaine, Vashti se rend ensuite à Port-au-Prince en Haïti. Elle y dirige une école de soins infirmiers établie par l'US Navy. Durant son séjour qui dure de juillet 1920 à octobre 1921, une épidémie de variole sévit sur l'île. Elle prend en charge les malades qui affluent vers l'hôpital général de Port-au-Prince. Avec l'aide de 14 infirmières pour un peu plus de 600 patients, elle réussit à contenir la propagation de l'épidémie.

Elle écrit et fait publier un manuel de diététique en langue française à l'usage des infirmières haïtiennes.

En 1921, elle démissionne de la Croix-Rouge pour diriger une école de soins infirmiers dans une réserve indienne dans l'Oklahoma. Elle prend sa retraite de soins infirmiers huit ans plus tard et retourne vivre avec sa famille. Vashti Bartlett ne se maria jamais et il y a très peu d'informations dans ses papiers documentant ses années post-retraite. Elle décède en 1969  dans le Maryland. Elle avait 96 ans.

Peu de temps après sa mort, le neveu de Vashti Bartlett a fait don de ses souvenirs constitués de lettres, photos, cartes postales, négatifs photographiques, dessins et peintures à l'École des sciences infirmières en 1969. La collection qui couvre plus de six décennies fut stockée dans la salle Nightingale de la bibliothèque Welch de cet établissement qui a fermé ses portes en 1974. Tous ces documents précieux ont été oublié pendant près de trente ans. Ce n'est qu'en 2000 qu'ils furent découverts par Nancy McCall, archiviste à Alan Mason Chesney Medical Archives.

La Seringue.


http://www.heritage.nf.ca/articles/en-francais/society/mission-grenfell.php

http://www.medicalarchives.jhmi.edu/vbartlett/newfound.htm

http://www.medicalarchives.jhmi.edu/papers/bartlett_vr.html

http://www.nursingworld.org/ClaraNoyes