Se Souvenir de ne pas Oublier !

Le 27 janvier prochain, nous célébrerons la Journée de la mémoire de l'holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité. Cette journée, retenue par la France, correspond à l'anniversaire de la libération du camp de concentration d'Auschwitz en 1945. Selon les termes de la Conférence de Cracovie : “Cette journée n’a pas pour but de perpétuer la mémoire de l’horreur, mais d’apprendre aux élèves à être vigilants, à défendre les valeurs démocratiques et à combattre l’intolérance”.

Chaque année, à cette date anniversaire, les directrices et directeurs d’école ainsi que les chefs d’établissement incitent les enseignants à engager une réflexion avec leurs élèves sur l’Holocauste et les génocides reconnus. Cette recherche s’effectue en liaison avec les programmes scolaires à l’école, au collège et au lycée. Le but de cette journée peut donner lieu à un travail interdisciplinaire entre, par exemple, les professeurs d’histoire, de lettres, d’enseignement artistique, de philosophie. Sa vocation est de faire prendre conscience aux élèves que le mal absolu existe et que le relativisme n’est pas compatible avec les valeurs de la République. Ce temps de la mémoire permet de montrer que l’horreur s’inscrit dans une histoire qu’il convient d’approcher avec méthode, sans dérive ni erreur. Elle les incite à réfléchir au monde qui les entoure, avec ses guerres et ses tragédies, mais aussi à se rassembler autour de valeurs  telles que les droits de l’homme. Il est nécessaire de montrer aux jeunes que ces valeurs ne sont pas de simples mots. Leur respect dans tous les pays du monde est fondamental et nécessite de la part de chacun d’être attentif à ce qui menace ces valeurs et actif pour les défendre.

Une équipe de chercheurs, dirigée par Geoffroy Megargee du Mémorial de la Shoah, situé à Washington, a étudié l'ensemble des ghettos, camps et sites éparpillés dans toute l'Europe occupée par les nazis, de la France jusqu'à la Russie durant treize ans. Ils ont recensé 42.500 sites fonctionnant de 1933 à 1945, de tailles différentes, dans lesquels ont péri ou ont été emprisonnés 15 à 20 millions de personnes. Parmi les victimes, près de 6 millions de juifs mais aussi des prisonniers politiques, des tziganes, des Polonais et des Russes ainsi que d'autres groupes ethniques, des homosexuels et des handicapés.

Il y avait environ 320.000 juifs en France en 1940. 76.000 ont été déportés, 2551 seulement sont revenus, et parmi ces derniers aucun enfant.

Les Justes !

Le 19 août 1953, fut créé, à Jérusalem, l’Institut Commémoratif des Martyrs et des Héros de la Shoah - YAD VASHEM-,  un nom tiré du chapitre V du Prophète Isaïe : "et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés". En 1963, une Commission présidée par un juge de la Cour Suprême de l’Etat d’Israël est alors chargée d’attribuer le titre de « Juste parmi les Nations », la plus haute distinction civile décernée par l’Etat hébreu, à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi.

Les personnes ainsi distinguées doivent avoir procuré, au risque conscient de leur vie, de celle de leurs proches, et sans demande de contrepartie, une aide véritable à une ou plusieurs personnes juives en situation de danger. Au cours d’une cérémonie officielle, le Représentant de l’Ambassade d’Israël remet aux « Justes parmi les Nations» ou à leurs ayants-droits, une médaille gravée à leur nom ainsi qu’un diplôme d’honneur. Leurs noms sont inscrits sur le mur d’honneur du Jardin des "Justes parmi les Nations" de Yad Vashem, à Jérusalem. Les noms des Justes parmi les Nations de France sont également inscrits à Paris, dans l’Allée des Justes, près du Mémorial de la Shoah, rue Geoffroy l’Asnier dans le 4ème Arrondissement.

Au 1er janvier 2016, le nombre de Justes parmi les nations était de 25 271. Ils sont originaires de  46 pays différents. Les polonais, les hollandais et les français sont les citoyens les plus médaillés. En tout, les Justes ont sauvé des centaines de milliers de personnes.

Juste Infirmière !

A ce jour, 34 infirmières et un infirmier ont reçu le titre de "Juste parmi les nations" décerné par le mémorial Yad Vashem de Jérusalem pour avoir sauvé des juifs durant la Shoah ou apporté leur aide. Ces héros anonymes de l'histoire se nomment :

Marthe Chiarra, Suzanne Guelat, Yannick Ischy,  Léontine Tiercelin, Esther Muller, Odette  Bailly, Simone Faure, Berthe Beaufrère, Mathilde Parisey, Simone Voisin, Édith Cérézuelle, Jeanne Schwartz, Germaine Bastide, Alice fune, Aimée Regache, Liliane Chazel, Claire Barwitzky, Pauline Gaudefroy, Soeur Viviane Matter, Eve Durleman, Anne-Marie Llobet, Marie-Antoinette Ricard, Jeanne Rousselle, Anne Wahl, Soeur Suzanne Marie, Isabelle Joséphine, Anne-Marie Philomène Gory, Hélène Burger, Marie-Antoinette Gout, Simone Coqué épouse Stolze, Émilie Guth, Thérèse Matter, France Neuber, Marcelle Guillemot et enfin Émile Marchal.

La Seringue.

Photo : Émile Marchal et son épouse Camille en 1934.

Je vous ferai part de leur histoire à tous sous peu...

 


B.O. n°46 du 11 décembre 2003 : www.education.gouv.fr

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/03/05/01016-20130305ARTFIG00553-une-etude-revoit-a-la-hausse-le-nombre-de-camps-nazis.php

https://yadvashem-france.org/les-justes-parmi-les-nations/qui-sont-les-justes/

https://yadvashem-france.org/medias/documents/Hommage%20aux%20infirmieres%20francaises%20Justes%20des%20nations.pdf