Love, Love me Do !

"A l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale". C'est ce qu'écrivit Andy Warhol dans un catalogue de l'exposition au Moderna Museet de Stockholm en 1968.

Sacré Andy, tu dois être comme un bienheureux au paradis du Pop Art puisque ta prophétie est tout bonnement sur le point de se réaliser. La course à la gloire a commencé il y a déjà un moment et elle n'est pas prête de s'arrêter.

Avant-gardiste, disait-on de toi !  Sache que mille milliards de photos sont prises chaque année dans le monde. Parmi elles, presque 40 milliards de selfies, ce qui équivaut à environ 4.6 selfies par habitant de cette planète ou plus précisément 1 076 selfies pris chaque seconde.

Le selfie ou plus exactement l'autoportrait en français serait-il une des voies possibles pour atteindre la célébrité ?

Peut-être...

En tout cas, la selfimania qui a contaminé notre planète montre à quel point nous avons le désir d'être connu, reconnu et aimé. La mode est à l'ego et Narcisse est sans aucun doute le mythe le plus en vogue en ce début de 21ème siècle. On ne dit plus "aimons-nous les uns les autres" mais plutôt "love, love me do".

Quand la Guerre des Blouses commence par un Selfie !

Pourquoi parler de selfies, me direz-vous ?

Et bien simplement parce que j'ai eu le privilège d'assister récemment à une discussion endiablée sur ce sujet sur la toile.  Le débat portait sur un selfie envoyé par une jeune femme employée dans un hôpital ou une clinique. Sur la photo, elle regarde l'objectif avec cette petite moue propre à tout selfie qui se respecte, à savoir, une petite bouche en canard communément appelée "duck face". Elle porte un débardeur sous sa blouse de travail. Le premier bouton-pression est négligemment laissé ouvert. Il laisse deviner la naissance de ses seins. Elle semble sortir du vestiaire et n'est pas encore en service.

De ce débat fort animé qui dura tout de même plusieurs heures, je n'ai retenu que l'essentiel. Parmi les personnes qui se sont manifestées, certaines, peu nombreuses, ont simplement trouvé la jeune fille jolie. D'autres se sont immédiatement élevées contre cette pratique indigne d'un professionnel de santé, la jugeant amorale et contraire à l'hygiène. Les hommes présents, quant à eux, n'ont émis que très peu d'avis, souvent positifs d'ailleurs, sur le sujet.

Je vous passerai les observations de type "On comprend pourquoi les infirmières sont considérées comme des putes !" ou autres "C'est inadmissible d'aguicher comme ça" ou "Quel manque d'hygiène, dans mon service, ce genre d'attitude est interdite". Non, non, ne riez pas, ce n'est pas une blague ! Ces réflexions d'un autre âge sont encore de mise parmi nous et j'en suis la première stupéfaite.

J'ai tout de même craint un moment que la demoiselle ne soit lynchée, lapidée, écartelée par les pourfendeurs de la morale et autres culs bénis. Il ne manquait que sa présence physique pour un passage à l'acte. Victime, elle le fût sans aucun doute, du moins virtuellement...

Les Dangers du Décolleté !

Parlons tout d'abord d'hygiène puisqu'il semblerait que nos seins rebondis de femelle soient sales. Je ne suis pas certaine que nos appendices mammaires soient plus porteurs de bactéries que nos mains, nos cheveux ou nos ongles. J'ai la conviction que le port de bijoux, de faux ongles ou de vernis à ongles ainsi que les cheveux détachés sont sans doute de bien plus grands vecteurs de microbes que nos pauvres seins dont nous n'avons,  d'ailleurs, qu'un léger aperçu dans le cas qui nous préoccupe. Quant aux faux ongles, ce sont des réservoirs idéaux qui peuvent accueillir plus d'un millier de bactéries.

Reprenons à présent la sempiternelle ritournelle selon laquelle les infirmières seraient toutes des cochonnes avides de sexe, forniquant avec les médecins, les internes ou les patients. Je pense sincèrement que si les professionnels de santé de sexe féminin véhiculent elles-aussi cette légende, elles ne font qu'apporter de l'eau au moulin de tous les machos, goujats et autres mufles déjà assez nombreux pour les calomnier. J'ai la conviction qu'émettre de telles hypothèses est un manque de respect non seulement pour l'autre mais surtout pour soi et pour la femme en général.

Pour finir par une touche d'humour même si ce genre de débat ne prête pas à sourire, être doté d'avantages non négligeables tel qu'un bonnet E, F ou G n'est pas sans danger pour une petite blouse fragile dont les boutons-pressions peuvent avoir tendance à manquer de puissance pour retenir toute la générosité mammaire de certaines soignantes.

Rappelons qu'il ne s'agissait que d'un petit bouton-pression et que la jeune femme n'était pas en service...Nous serions condamnés pour bien peu si nous tombions dans les mains de la vindicte populaire...Alors un peu de tolérance, nom de diou, nous avons d'autres chats à fouetter !

La Seringue.

 

http://www.directmatin.fr/loisirs/2015-11-11/1-076-selfies-sont-pris-chaque-seconde-dans-le-monde-715563

http://www.medisite.fr/a-la-une-manucure-faux-ongles-trop-dinfirmieres-enfreignent-les-regles.450314.2035.html