A Mort l'Idel !

Une maille à l'endroit, une maille à l'envers, et vas-y que je t'emberlificote, que je te la fais à l'envers, que je te détricote doucement mais sûrement le métier d'infirmier. En gros, que je te prends pour une buse ou une dinde prête à être farcie pour Thanksgiving. C'est à présent une évidence, la profession fout le camp. Elle prend l'eau par tous les trous et de tricot, il n'en restera bientôt qu'un morceau ridicule qui nous épargnera tout juste de finir tous à poil.

C'est encore aujourd'hui confirmé, l'infirmier libéral est une espèce que l'on veut voir disparaître du paysage sanitaire. Il aura fallu un peu plus d'un siècle pour légiférer cette profession, en définir les contours, lui accorder une reconnaissance et un décret de compétence et seulement quelques années pour la foutre en l'air. Winston Churchill avait donc raison lorsqu'il disait que "construire peut être le fruit d'un travail long et acharné. Détruire peut être l'oeuvre d'une seule journée".

 

A Table !

L'exercice libéral se meurt et les infirmiers assistent à cette agonie sans broncher. Il faut dire que la crise est passée par là et qu'il est particulièrement inconvenant de se plaindre. Il faut avouer également que les journaux s'en sont donnés à coeur joie dans l'infirmier-fraudeur-voleur-menteur-bandit-criminel et que l'on a plutôt intérêt à se la jouer petit, à se la boucler et à se faire oublier. Il faut aussi admettre que nous sommes un peu mou du genou et pas assez unis lorsqu'il s'agit de défendre notre beefsteak.

Pourtant, chaque bouchée perdue, chaque part de gâteau cédée signifient pour chacun d'entre nous non seulement une perte financière mais par dessus tout, une éviscération de nos compétences. Aussi, notre diplôme si chèrement acquis, ce mode d'exercice auquel nous tenons tant finiront-t-ils par ressembler à une coquille vide. Les charognards, quant à eux, veillent, ils sont d'ailleurs déjà tous à table...

Ainsi, les pharmaciens viennent-ils d'obtenir l'autorisation de vacciner leurs clients contre la grippe dans leurs officines. Cet amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale  a été approuvé par les députés à titre expérimental pour une période de trois ans. A ce propos, souvenons-nous que le provisoire a la fâcheuse habitude de durer... et que cette mesure pourrait bien s'inscrire dans le temps au dépens des infirmiers qui vaccinent leurs patients contre la grippe sans prescription, exception faite des primo-vaccinations depuis 2008.

Rappelons qu'en dix ans, plus de mille officines ont baissé le rideau et qu'actuellement, le rythme s'est quelque peu accéléré puisqu'une pharmacie ferme tous les deux jours en France. Les marges de nos gentils pharmaciens ont fondu comme neige au soleil. L'avenant n° 10 de la convention qui les lie à l'Assurance maladie n'est sans doute pas étranger à cette baisse de revenus. Rappelons que ce texte impose de vendre au moins 70 % de génériques sous peine d'être déconventionné. La parapharmacie a, elle aussi, le moral en berne. Le bysphénol, les parabènes, les phtalates, le triclosan, bref, toutes ces petites douceurs qui nous conduisent sans doute gentiment à la case cancer sont aussi certainement à l'origine de cette désaffection de plus en plus massive envers les produits d'hygiène et de beauté vendus à l'officine.

Pour sortir la tête de l'eau, ce que l'on peut comprendre, les pharmaciens ont donc décidé de prendre le taureau par les cornes. Ils tablent sur la proximité avec leur clients et deviennent aujourd'hui des acteurs du dépistage et du suivi thérapeutique. En 2013, ils ont obtenu une rémunération d'honoraires de 40 euros pour le suivi de patients sous anti-coagulants oraux. En 2016, ils vaccinent, demain, seront-ils peut-être autorisés à prendre en charge les patients diabétiques. Ce glissement de compétences qui ressemble à s'y méprendre à un "je déshabille Paul pour habiller Pierre" ne peut qu'attiser l'animosité des professionnels entre eux mais n'est-ce pas au final le but recherché par nos instances dirigeantes, à savoir diviser pour mieux régner.

La rémunération de cette vaccination à l'officine n'a pas encore été dévoilée. Notons qu'un infirmier libéral touche 2 ami1 par vaccin soit la coquette somme de 6.30 euros ! Qui dit mieux ?

Voici une des raisons pour lesquelles vous devez manifester le 08 novembre 2016. Mobilisons-nous !

La Seringue.

 

 

http://www.lefigaro.fr/societes/2016/07/06/20005-20160706ARTFIG00002-les-fermetures-de-pharmacies-s-accelerent-en-france.php

http://www.ameli.fr/professionnels-de-sante/pharmaciens/votre-convention/accord-national-sur-les-generiques/avenant-n-10-a-l-accord-national-sur-les-generique_val-de-marne.php