Les Cancres !

Chaque année, la Cour des comptes attribue des bonnets d'âne à tous les mauvais élèves de notre belle République. Ainsi, le budget de la santé, jugé toujours plus dispendieux se voit-il gratifié dans chaque rapport  d'une place honorable parmi les cancres.

Cependant, aucune crainte à avoir, chers citoyens, car la Cour des comptes est en fait une fabrique à bonnets d'âne qui distribue les mauvais points à tire-larigot. Ainsi, dans ce dernier rapport épingle-t-elle, pêle-mêle, la productivité de la Poste, le coût des écoutes judiciaires, le train de vie de Monsieur Gallet, Pdg de Radio-France, les chirurgiens-dentistes, l'administration pénitenciaire, les avantages en nature des cheminots, les effectifs trop importants du port maritime de Bordeaux et le compte en banque de ma  tante Armelle...Parmi les bons élèves de 2016, (n'ayez pas peur, ça ne sera pas long !), figurent les certificats d'économie d'énergie, qui se sont "améliorés", mais aussi le dispositif en faveur des biocarburants, qui a connu des "progrès", même si des plus fortes incitations fiscales sont nécessaires.

Les conclusions de cette lecture fort intéressante sont simples : mon pays va mal, si mal, si mal...C'est la crise et seule l'austérité pourra nous sauver de ce naufrage.

 

L'Austérité : Pas pour Tout le Monde !

La santé coûte trop cher et nos têtes pensantes dont vous ne faites pas partie, rassurez-vous, ne savent plus quoi inventer pour réduire son budget.

Aujourd'hui, les contribuables cotisent à l'assurance maladie et payent des mutuelles et des sur-complémentaires toujours plus onéreuses pour des prestations moindres. La surcomplémentaire : la mutuelle plus forte que la mutuelle, oui, mon gars !

Pour combler le trou abyssal de l'assurance maladie, des mesures ont été mises en place. Ainsi, Les médecins libéraux sont priés de moins prescrire, la durée des hospitalisations diminuent, certains médicaments sont déremboursés, la lutte contre la fraude s'intensifie, le recours aux génériques est obligatoire dans toutes les officines... Il est à craindre qu'à force de dégraisser le mammouth, il finira par disparaître...

Moins prescrire, qu'est ce que cela signifie ?

Moins prescrire, c'est bénéficier d'une prime à la performance chaque année. Cette prime sur objectif a permis à 21 526 médecins généralistes de toucher 6265 euros chacun en 2014. Au total, l'Assurance-maladie a déboursé quelques 376 millions d'euros pour cette prime annuelle. Rappelons qu'en 2015, 89 788 médecins généralistes exerçaient en France. Les mauvais élèves, ceux qui prescrivent trop ou trop mal, bref, les cancres qui ne connaissent pas leur travail subissent, quant à eux, le courroux de l'Assurance maladie. Ainsi, dans son exercice quotidien, le cancre, qui a quand même un niveau universitaire bac + 9 voire plus, et parfois de nombreuses années de pratique, sera mis sous objectif (MSO) ou sous la tutelle d'un médecin contrôle de l'assurance maladie (mise sous accord préalable - MSAP). Toutes ses prescriptions, principalement les arrêts maladie, l'invalidité et les accidents du travail seront décryptées, analysées et, au final, acceptées ou rejetées selon le bon vouloir de la caisse. S'il ne respecte pas les objectifs fixés, il sera purement et simplement puni, entendez, il sera soumis à des pénalités. Ces mesures, quelques peu staliniennes, ne tiennent pas compte du lieu d'exercice du praticien ni de sa clientèle. Un médecin installé dans une région fortement industrialisée a plus de chance de prescrire des arrêts maladie que celui qui est dans une zone peuplée de retraités.

En résumé, ce jeu de la carotte et du bâton a des effets délétères sur la santé des patients. Le praticien qui, on le comprend, n'a pas envie de traverser l'épreuve du bâton, va limiter ses prescriptions et, surtout, parmi sa clientèle, le nombre de patients actifs atteints de pathologies chroniques pour lesquels les probabilités de tomber malade demeurent importantes.

Le patient, quant à lui, paye le prix fort de ces mesures. Depuis quelques années, nombre de français renoncent à se soigner ou diffèrent leurs soins par manque de moyens. Les laissés-pour-compte représenteraient 30 % de la population de ce pays.

La crise, pourtant, profite à quelques uns. C'est le cas des entreprises qui produisent les génériques, ces petites molécules qui vous sont imposées aujourd'hui dans vos officines. A titre d'exemple, Mylan, leader mondial américain de la fabrication de médicaments génériques et de spécialités pharmaceutiques qui fabrique et commercialise près de 1400 médicaments pour les pharmacies, les hôpitaux, les grossistes, les centrales d’achats, les distributeurs ainsi que les gouvernements et les clients institutionnels. Des chiffres à donner le vertige, d'un milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2002, l'entreprise atteind les 5 milliards en 2008. Le groupe israëlien TEVA a, quant à lui,  réalisé un chiffre d’affaires de 20,3 milliards de dollars en 2014. Les deux sites français de Sens et de Nevers des laboratoires TEVA sont passés sous pavillon luxembourgeois en 2015. On dit merci au passage à la fiscalité luxembourgeoise ...

La Seringue. 

 

http://www.lalettredegalilee.fr/le-budget-de-la-sante-dans-le-collimateur-de-la-cour-des-comptes/?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/04/27/20002-20150427ARTFIG00080-les-medecins-generalistes-ont-recu-une-prime-de-plus-de-6200-euros.php

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20131015.OBS1089/sante-un-francais-sur-trois-renonce-a-se-soigner.html

http://www.mylan.fr/fr-fr/le-groupe-mylan/mylan-dans-le-monde

http://www.usinenouvelle.com/article/les-deux-sites-de-teva-vont-passer-sous-pavillon-luxembourgeois.N338956