On Achève bien les Chevaux !

Ils étaient infirmiers, médecins, aide-soignants, étudiants, internes et ils aspiraient tous à faire leur travail du mieux qu'ils le pouvaient. Ils aimaient leur métier qu'ils exerçaient parfois depuis des décennies. Ils travaillaient dans le secteur public ou privé. Ils avaient des familles, une femme, un mari, des enfants qu'ils aimaient et qui les aimaient. Et pourtant, un jour, leur vie et celles de leurs proches ont basculé.

La dépression, le burn-out touchent aujourd'hui bon nombre de soignants. Certains, même s'il faut parfois des années, trouvent les ressources pour sortir de ces impasses. D'autres, malheureusement font le choix désespéré de mettre fin à  leurs jours.

Depuis 2001, les établissements de santé ont l'obligation d’élaborer et de mettre à jour un document d’évaluation des risques professionnels tels que le stress, les violences internes ou externes au sein de l'entreprise. En  2009, les pouvoirs publics ont mis en oeuvre  le "Plan stress" afin de prévenir les risques psychosociaux (RPS) dans le travail. En Aquitaine, un observatoire dédié à ces risques (Observatoire régional des risques psychosociaux en Aquitaine - ORRPSA) a même été créé à titre expérimental en 2011. 

En 2013, une enquête menée pilotée par la Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES) a étudié les absences pour raisons de santé et lien avec les conditions de travail dans la fonction publique et le secteur privé. Elle a mis en évidence que 33 % des agents de la fonction publique hospitalière a eu au moins un arrêt maladie dans l'année contre 28 % dans le secteur privé.

J'ai Mal à mon Travail !

Depuis 2014, la qualité de vie au travail fait partie des critères de certification des établissements de santé par la haute autorité de santé (HAS).  De cette qualité naît l'attractivité de l'entreprise, l'amélioration de la créativité, de l'engagement, de la motivation professionnelle et de la fidélisation des salariés.

La qualité permet aussi la diminution de l'absentéisme et la réduction des effets destructeurs et pathogènes liés au stress tels que maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, troubles gastro-intestinaux, troubles du sommeil, états anxieux ou dépressifs, épuisement professionnel voire suicide.

Cependant, malgré les bonnes intentions, les protocoles, les conférences, les débats ou les formations visant à se préserver des risques psychosociaux, la situation va de mal en pis. La souffrance au travail fait de plus en plus de victimes et gagne du terrain.

Aussi, faudrait-il s'interroger sur les racines du mal. Pour avoir une kyrielle de réponses,  il suffirait peut-être de poser quelques questions aux intéressés. Ils pourraient aisément vous démontrer que leurs conditions de travail se sont détériorées, que leur charge de travail s'est intensifiée, qu'ils se sentent débordés et qu'ils accordent de moins en moins de temps aux malades. Ils vous parleraient des sous-effectifs, du manque de moyens, des vacances avortées, des congés qui sautent, de la pauvreté de leur vie sociale, de l'impossibilité de prévoir une soirée ou un rendez-vous chez un médecin par peur d'être rappelé sur ses repos. Ils mettraient l'accent sur les méthodes de management qui parlent de budget, de performance et qui oublie l'humain. Ils vous expliqueraient que les coupes franches dans les effectifs prévues à l'horizon 2017 par notre chère ministre de la santé vont sans doute aggraver leur situation. Ils vous confieraient certainement que toutes ces difficultés génèrent au quotidien un climat délétère dans les services. Ils vous diraient enfin combien ils ont mal à leur travail.

Sans doute pointeraient-ils du doigt tous ces problèmes qui les consument, sans doute oseraient-ils mais il est à craindre que vous ne les entendiez pas du haut de vos observatoires. Car, les réponses, vous les avez déjà identifiées depuis longtemps, nul n'est besoin d'avoir fait de hautes études pour les appréhender. Les solutions, vous le savez, passent par une augmentation des budgets, chose que vous ne pouvez vraissemblablement pas vous permettre. Le petit coup de pouce aux salaires de la FEHAP accordé dernièrement ne réduira pas l'état de fatigue dans lequel se trouve vos soignants. Cette carotte qui est toutefois la bienvenue permet juste de reculer pour mieux sauter. Vous continuerez donc à épuiser vos équipes et nous continuerons à marcher sur des cadavres.

"Dites-nous de quoi vous avez besoin, nous vous apprendrons à vous en passer !"

 La Seringue.

http://comptrasec.u-bordeaux.fr/article/pr-sentation-de-lorrpsa

http://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/statistiques/rapports_annuels/2015/RA2015_dossier_1.pdf

http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2634177/fr/qualite-de-vie-au-travail-qvt-dans-les-etablissements-de-sante

/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=472

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0ahUKEwiht9WzvtzNAhXB2RoKHVtYCD8QFggeMAA&url=http%3A%2F%2Fwww.fonction-publique.gouv.fr%2Ffiles%2Ffiles%2Fstatistiques%2Frapports_annuels%2F2015%2FRA2015_dossier_1.pdf&usg=AFQjCNESblXNRzkF6OSqowkLqsZdTOhjXw&cad=rja