Derrière l'arbre : la Forêt !

Le 12 avril 2016 est paru dans le journal "Les Echos" un article dont le contenu plus qu'explicite impose une réflexion sur le devenir des professions libérales.

"L’Assurance-maladie veut aider les médecins à s’entourer de super-secrétaires". Ainsi titre l'article de ce quotidien issu d'un document de travail tombé entre les mains du quotidien.

Que peut-il bien se cacher derrière autant de bienveillance de la part de cette organisme de tutelle ? Qu'envisage-t-il pour le futur sous couvert d'étincelles destinées à éblouir les professionnels.

Lire entre les Lignes : un Art Divinatoire !
Dans cet article ,il semblerait que l'Uncam (Union Nationale des Assurances Maladie) "souhaite valoriser la création de structures de coordination au sein des cabinets libéraux ou bien entre plusieurs cabinets". On ne peut que s'interroger sur la notion de coordination. Ce type d'organisation se rapproche-t-elle des maisons de santé et autres maisons pluridisciplinaires ? Est-ce une autre trouvaille tirée de leur chapeau ? L'exercice libéral isolé est-il voué à disparaître ? Que met-on dans le mot "coordination" ?
L'Uncam souhaite que les médecins s’entourent de super-secrétaires. Des assistants qui ne se contenteraient pas de prendre les rendez-vous par téléphone, mais qui auraient une « mission de gestion des cas complexes, comprenant coordination administrative, médicale et médico-sociale ».
Voici donc une potentielle secrétaire, ceci sans mépris aucun, qui serait à même d'effectuer des tâches qui incombent aux médecins puisqu'il s'agit là de les soulager ? Qu'englobe-t-on dans la gestion des cas complexes ?
Selon l'Uncam, La « coordinatrice » travaillant pour le médecin traitant organiserait en lien avec ce dernier la mise à disposition de matériel médical via un prestataire, l’intervention d’un kinésithérapeute et d’un orthophoniste, les aides pour les tâches ménagères, l'accompagnement de l’enfant à l’école, le contact avec la maison des handicapés du département, les transports sanitaires pour les examens et consultations. La plupart de ces tâches sont exécutées chaque jour par tous les infirmiers libéraux de l'Hexagone depuis toujours. Ils en maîtrisent donc la pratique.
Infirmier en Pratique Avancée
Mesdames et messieurs les infirmiers qui avez le désir de vous former à la nouvelle profession d'infirmier en pratique avancée, réfléchissez, prenez votre temps ! Selon la définition consensuelle du Conseil International des Infirmiers adoptée en 2008 : Une infirmière de pratique avancée est une infirmière diplômée d’État ou certifiée qui a acquis les connaissances théoriques, le savoir-faire nécessaire aux prises de décisions complexes, de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de son métier, pratique avancée dont les caractéristiques sont déterminées par le contexte dans lequel l’infirmière sera autorisée à exercer. Un master est recommandé comme diplôme d’entrée
La consultation infirmière de première ligne qui permettrait de soulager le médecin dans son quotidien n'est pas encore née. Les généralistes sont, pour le moment, quelque peu réticents à l'idée qu'une partie de leur clientèle et donc de leurs revenus aille vers les professions paramédicales. Il craignent également que leurs compétences glissent vers d'autres professionnels. D'autre part, embaucher une secrétaire, c'est employer un salarié avec tout ce que cela implique comme lien de subordination. Recourir à un infirmier clinicien, c'est collaborer avec un professionnel reconnu. Quel contrat unirait alors le praticien et l'infirmier en pratique avancée ? Comment éviter le compérage ?
L'Assurance maladie est prête à mettre ses deniers dans une future rémunération forfaitaire dédiée au suivi de la patientèle par le médecin traitant. Les praticiens qui s'engageraient dans la mise en oeuvre de structures de coordination pour gérer les cas complexes pourraient également bénéficier d'une rémunération forfaitaire liée à l’accompagnement du médecin dans l’organisation de sa structure et la coordination du parcours de ses patients. Ce forfait devrait notamment servir à financer la mise en place d’outils de coordination  tels que logiciels de suivi et téléservices.
La future convention médicale, qui régira pendant 5 ans les relations entre l’Assurance maladie et les médecins libéraux est en cours de négociation. L'échéance finale est prévue pour l'automne avec un texte qui devrait entrer en vigueur le 26 septembre 2016.
La Seringue.

http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021835294427-lassurance-maladie-veut-aider-les-medecins-a-sentourer-de-super-secretaires-1213322.php?Rbm8Ehlmf7I1QDiT.99