Très Chère Carpimko,

La fin du mois de mars approche et je ne puis m'empêcher de penser à toi. Je songe à notre histoire qui dure depuis plus de dix ans. Je me rappelle de nos lettres d'amour, de cette compréhension, incompréhension réciproque qui a fait de nous un couple si peu ordinaire.

Je me souviens de notre rencontre à la fin de l'année 2005. Je t'avais trouvée compatissante et compréhensive. Tu me laissais du temps pour faire mes premiers pas, tracer mon chemin et grandir. Tu me  comprenais. Ce fut le début de notre romance à la "Tea for two", you for me and me for you.

Les deux premières années  furent à la hauteur de mes espérances. Notre idylle prit alors la forme d'une véritable alliance, un mariage en quelque sorte. Unis comme les doigts de la main, nous ne nous sommes jamais réellement quittés.

Je t'écrivais chaque année au 31 mars et au 30 septembre et je joignais à cette occasion un cadeau, une obole dans mon enveloppe pour tes bons et loyaux services.

Tu devins plus exigeante dès la troisième année et je pris l'initiative de te verser ton dû chaque mois de façon régulière. Je suis fidèle en amour, tu le sais !

Notre bonheur était tranquille même si parfois je te trouvais insatiable. Et puis, et puis, en 2012, un accident de la vie, une broutille, un rien m'a cloué au fond d'un lit pendant quelques dix huit longs mois. J'ai continué à payer l'addition chaque mois pendant un semestre. Tu as alors décidé de m'exonérer le temps de la maladie et tu m'as remboursé ces six mois de cotisations. Entichée que j'étais, j'ai pris ça pour une fleur, une faveur que tu m'accordais par amour...

J'ai repris mon activité courant 2014 à mi-temps parce qu'il y a des événements dont on ne se relève jamais totalement. Tu n'as pas attendu très longtemps pour me réclamer les sommes que tu m'avais dispensé de payer pendant tous ces longs mois. J'ai eu droit à la régularisation de 2012, 2013 et à présent 2014. M'aurais-tu punie ? Serait-ce une double peine ?

Très chère Carpimko, je t'avoue sincèrement que je ne suis pas certaine de pouvoir faire face à cette addition. Je te fais donc parvenir à toutes fins utiles, le double des clés de ma maison et celles de ma voiture. Je suis persuadée que tu en feras bon usage et que tu pourras très bientôt passer des vacances au soleil.

P.S : Évite la saison des pluies, ce serait dommage que tu attrapes la dengue, la Zika ou les autres joyeusetés de nos pays équatoriaux.

Bien à toi - For Ever - La Seringue.