Les îlots de la Révolte !

Les événements de novembre 2015 ont laissé notre pays en proie à la peur et à la sidération. La France s'enfonce doucement mais surement dans le marasme et l'état d'urgence vient d'être reconduit jusqu'à la fin du mois de mai 2016. Manifester est donc théoriquement interdit et en temps de crise, revendiquer des droits est devenu un acte politiquement incorrect.

Cependant, parmi nous, quelques irréductibles ont décidé de se défendre. C'est le cas des infirmiers libéraux de Savoie qui, début janvier 2016, se sont unis sous forme associative afin de lutter contre la décision autocratique de leur caisse de modifier le mode de calcul des indemnités kilométriques. Après avoir obtenu un rendez-vous avec le sous-directeur de leur caisse, ils ont finalement eu gain de cause.

C'est aussi le cas des infirmiers martiniquais qui se sont mobilisés en cette fin de mois de janvier pour dénoncer la diminution de leurs indemnités de déplacement ainsi que la dégradation de leurs conditions de travail. En visite en Martinique fin février, Marisol Touraine affirme que les indemnités kilométriques ne seraient pas supprimées.

D'autres encore, forment des collectifs au niveau régional comme "Ide Cotentin en colère" afin de mutualiser les énergies et faire poids contre les décisions souvent arbitraires des caisses.

Ces initiatives  qui demeurent pour l'instant sporadiques sont le fruit d'un ras le bol général de la profession envers leurs organismes de tutelle. Elle témoignent surtout de la volonté de quelques-uns de s'unir pour se défendre. Et l'actualité nous confirme que cela fonctionne. Comment se faire entendre si ce n'est par le biais de dizaines, de centaines voire de milliers de voix qui scandent les mêmes revendications à l'unisson ?

Révolte Attitude !

Pourtant, les infirmiers libéraux, dans leur immense majorité, sont aujourd'hui atteints d'une forme contagieuse de bouderie qui consiste à exprimer leur mécontentement non pas par l'action mais par la culture de la rancoeur. Cette attitude face à l'adversité ressemble plus à une stratégie d'échec qu'à une méthode miracle pour résoudre leurs problèmes. Elle témoigne d'une difficulté à exprimer leur insatisfaction, traduit souvent un besoin de reconnaissance et un manque d'estime de soi. Le boudeur boude, il le fait savoir et surtout il ne fait rien d'autre...bouderie et passivité étant copains comme cochons.

Ce comportement souvent pénible pourrait être un moyen de pression si l'interlocuteur en face de soi était une personne faite de chair, de sang et d'émotions comme nous-mêmes. Il s'avère que ce sont des administrations, des bureaux, des organismes, des ministères, des services publics à qui nous devons faire nos doléances. Ce sont des entités dénuées d'émotions ou de compassion qui ne plient que face au nombre. Il est donc inutile de jouer sur la corde sensible du chantage affectif comme il est vain de se plaindre.

Vouloir changer les choses, c'est utiliser des moyens d'expression et d'actions licites comme les manifestations, les boycotts, les pétitions... C'est aussi, parfois, faire appel  à la désobéissance civile et entrer dans l'illégalité par l'occupation de locaux officiels par exemple. Il importe aujourd'hui de devenir les stratèges de nos combats à mener en faisant fi d'un sentimentalisme qui, au final, produit l'effet inverse à celui escompté et génére indifférence et exaspération. Arrêtons de nous plaindre et Agissons Ensemble !

La Seringue.

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/savoie/les-infirmiers-liberaux-de-savoie-obtiennent-gain-de-cause-face-la-cpam-73-930143.html

http://martinique.la1ere.fr/2016/01/28/ne-veut-pas-soigner-sans-etre-payer-scandent-les-infirmiers-326493.html

http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/savoie/les-infirmiers-liberaux-de-montagne-menaces-en-savoie-899803.html