L'évolution des modèles de coiffes infirmières, depuis la cornette des religieuses jusqu'à leur abandon total, reflète l'histoire des soins. Les premières infirmières-religieuses portaient des coiffes qui faisaient partie de leur habit usuel pour soigner les malades.

Les Origines : Les Filles de la Charité !

En 1600, la ville de Paris croule sous les miséreux. Vincent de Paul, prêtre, se débat pour venir en aide à tous ceux qui sont dans le besoin. Une jeune vachère, Marguerite Naseau, vient alors trouver Vincent pour offrir sa vie dans le service des pauvres qu'il a créé et son exemple fait des émules. C’est ainsi que la Compagnie des Filles de la Charité voit le jour.

En Décembre 1617, Vincent de Paul crée l'Association des Dames de la Charité. Ces filles n'avaient alors pas de coiffe. L'histoire veut que le roi Louis XIV soit à l'origine de ce voile si particulier. Apercevant une Fille de la Charité d'une figure intéressante, il remarqua qu'il serait convenable qu'elle eut un voile. Tenant à la main un mouchoir blanc, il le lui jeta sur la tête de telle manière qu'il forma une coiffe. Les filles de Saint Vincent eurent alors l'idée d'en faire une semblable et de l'adopter. Elles porteront cette coiffe appelée cornette jusqu'en 1964.

Drôles de Bobines !

 Durant des siècles, la coiffe fut un attribut qui a  eu un intérêt pratique et une fonction sociale. Elle signifiait : "je suis un professionnel,  j'ai  des compétences" et incitait à la confiance et au respect. Elle avait une utilité en matière d'hygiène.

Elle fut aussi le signe d'un temps où une femme honorable devait avoir la tête couverte. Elle fut enfin directement liée à des effets de mode et participa ainsi à l'émancipation. Le voile des religieuses s'est peu à peu raccourci pour devenir une simple coiffe et finalement disparaître complètement dans les années 80.

Florence Nightingale disait de la coiffe qu'elle était indissociable de la profession d'infirmière. D'ailleurs, lorsqu'elle organisa une mission à Scutari pendant la Guerre de Crimée, elle exigea que ses infirmières portent un uniforme spécial et une coiffe.

 

Dis-moi quelle est ta coiffe et je te dirai qui tu es !

Des écoles d'infirmières et des hôpitaux ont offert leurs propres coiffes à leurs élèves ou leurs infirmières. Certaines coiffes étaient si empesées qu'elles paraissaient être faites en carton, d'autres étaient agrémentées de volants, de rubans ou de frou-frous, d'autres encore ressemblaient à des moules à gâteaux, des cupcakes ou des origamis savamment pliés. Aux Etats-Unis, chaque modèle de coiffe était la marque d'un hôpital.  L'attribution de coiffes aux étudiantes nouvellement diplômées donnait d'ailleurs lieu à une cérémonie qui ressemblait à un couronnement.

En 1938, à une remise de diplôme, on pouvait entendre le discours suivant : "La coiffe est à l'infirmière ce que l'uniforme est au soldat. Lorsqu'elle est épinglée sur votre tête, cela signifie que vous êtes devenue un membre d'une des professions les plus nobles et que vous avez adhéré à ses idéaux. Vous n'êtes plus simplement un individu responsable de ses propres actes, vous faites partie de la profession infirmière".

 

La Poésie du Jetable !

L'émancipation des femmes et l'arrivée des hommes dans la profession ont eu raison petit à petit de la divine coiffe. Adieu donc couvre-chefs immaculés, place à la modernité et bienvenue à la charlotte jetable, symbole non pas de l'élégance mais de l'asepsie. Les années 70 ont vu doucement s'éteindre ces vestiges du passé que sont les coiffes au profit de l'usage unique.

Aujourd'hui donc, plus de cérémonies, de rites de passages pour accéder à la fonction d'infirmière mais une chose est certaine, la coiffe que nous ne portons plus, nous l'avons gagné de haute lutte.

 

La Seringue.

Panégyrique de S. Vincent de Paul, fondateur des Prêtres de la mission et des Filles de la Charité.Étienne Antoine de Boulogne - 1822 - ‎Christian saints (page 75) 

 http://www.lifebridgeblogs.org/2012/05/08/the-history-of-the-nurses-cap/