Naître princesse !

Mariage-de-princessesNaître princesse, c'est habiter dans un château avec un prince charmant et se déplacer en carrosse. C'est porter des robes couleur de lune ou de soleil et avoir des pantoufles de vair. C'est forcément avoir une fée qui s'est penchée sur son berceau puisque le nombre de princesses dans le monde était estimé à 21 000 en 2010. Le pourcentage de chance de voir le jour avec un titre princier est, par conséquent, extrêmement faible.

Lorsque l'on naît princesse, on ne travaille pas bien évidemment mais on a tout de même quelques obligations protocolaires. De dîners en galas, de galas en inaugurations, d'inaugurations en réceptions, la vie aristocratique est toujours bien remplie et la princesse est souvent overbookée.

Au cours de l'histoire, les guerres et les maladies ont souvent mis à contribution les princesses dans le soutien à leur peuple meurtri. Ainsi, beaucoup d'entre elles ont participé à l'effort de guerre et sont devenues infirmières dans les hôpitaux qui recueillaient les blessés. Pour ces jeunes femmes, habituées à une vie de luxe et de privilèges, prendre soin des autres fut parfois une révélation qui leur donna un sentiment de liberté d'action qu'elles n'avaient jamais expérimenté auparavant. En Russie, en Grèce, en Espagne, en Belgique, en Roumanie et au Japon... des têtes couronnées ont ainsi été des exemples de devoir et de courage. Ces femmes étaient pour la plupart, rattachées à la Royal Red Cross instituée par la Reine Victoria en 1883.

La "Reine Infirmière" de Belgique

Élisabeth Gabrielle Valérie Marie de Wittelsbach, duchesse de Bavière née le 25 juillet 1876 épouse Albert 1er en 1900.  Albert 1er monte sur le trône en 1909 après la mort de Léopold II et Élisabeth devient ainsi la troisième reine des belges.

Le roi Albert 1er et la reine Élisabeth entrent dans la légende durant la Première guerre mondiale.En 1914, l'Allemagne envahit la Belgique et viole sa neutralité.

Le couple royal refuse de quitter le pays et se réfugie en Flandres. Ainsi le roi résistera à l'ennemi pendant quatre ans dans l'Yser, seule partie du pays qui n'a pas été envahie,.

La reine,  quant à elle, aidera le docteur Lepage, chirurgien personnel du roi, à mettre sur pied l'hôpital de l'Océan qui recevra les blessés venant du front. Elle contribuera activement au bien-être des soldats, ce qui lui vaudra le nom de "reine-infirmière".

Albert et Élisabeth furent sans conteste les souverains les plus aimés de l’histoire de la Belgique. Le décès accidentel d’Albert Ier en 1934 les transforma en véritable mythes. Lors de la Deuxième guerre mondiale, Élisabeth usa de son influence pour protéger et sauver des centaines d'enfants juifs. Elle fut honorée à ce titre de "juste parmi les nations belges" par le gouvernement israëlien.

Impératrice Teimi du japon !

L'Impératrice Teimi (1884-1951) née Kujō Sadako , épouse le Prince Yoshihito Hiyu no miya en 1900. Toute sa vie, elle exerça une lourde influence sur la vie impériale et fut un membre dirigeant de la Croix-Rouge japonaise.

La société nationale de la Croix-Rouge appelée Nippon Sekijuji Sha au Japon est reconnue par le gouvernement lorsque l’Empereur adhère en 1886 à la Convention de Genève de 1864. Record mondial, la Croix-Rouge japonaise compte plus d’un million d’adhérents quand éclate la guerre avec la Russie tsariste à propos de la Mandchourie en 1905.

Pendant le conflit,  la Croix-Rouge japonaise soignera des blessés ennemis, notamment les marins du croiseur Variag. Aux côtés des bâtiments sanitaires de la marine japonaise, elle déploiera ses propres navires hôpitaux, le Hakuai Maru et le Kosai Maru, qui avaient déjà été utilisés lors de la rébellion des Boxers en Chine en 1900. De plus, elle traitera correctement les prisonniers de guerre russes et renverra vite les invalides vers leur pays d’origine.

 

 La Princesse Marie-José de Belgique, dernière reine d'Italie !

Née le 4 août 1906, Marie-José Charlotte Sophie Amélie Henriette Gabrielle de Saxe Cobourg-Gotha, princesse de Belgique, était le troisième et dernier enfant du prince Albert, futur roi de Belgique, et de son épouse, l’ancienne duchesse Élisabeth de Bavière, nièce de l’impératrice Élisabeth d’Autriche.

A l'âge de 12 ans, elle aide sa mère la Reine à l'hôpital de campagne en faisant des bandages pour les soldats blessés.

En 1930, elle unit sa destinée à celle d'Umberto de Piémont, très éphémère roi d'Italie, du 9 mai au 2 juin 1946. L'abolition de la monarchie italienne par plébiscite lui valut le surnom affectueux de “reine de mai.”

Pendant  la campagne d’Abyssinie, Marie-José suit les traces de sa mère en devenant inspectrice de la Croix-Rouge italienne.

 

Les Sœurs Romanov !

Dès le début de la Première guerre mondiale, Olga, Tatianafille du Tsar Nicolas II de Russie ainsi que leur mère l’impératrice Alexandra Fedorovna, suivirent une formation accélérée d'infirmière de la Croix-Rouge et reçurent avec fierté leur diplôme. Alexandra transforme plusieurs palais en hôpitaux improvisés pour les soldats blessés au front. Heureuses de se rendre utiles et prenant leur rôle très à cœur, elles aident même lors d’opérations et soignent des blessures importantes avec beaucoup d’application. Elles passaient toutes les trois chaque jour plusieurs heures à donner les soins aux soldats blessés qui étaient évacués à Tsarskoïe-Selo. Les deux plus jeunes filles, Maria et Anastasia, trop jeunes pour devenir infirmières, deviennent patronnes de l’hôpital de Tsarskoie-Selo, qu’elles visitent tous les jours. Anastasia fait la lecture aux soldats, écrit des lettres pour leurs familles sous leur dictée, joue aux cartes avec eux. Les deux filles organisent même des concerts et des spectacles afin d’occuper les soldats.

En 1917, le Tsar Nicolas II est contraint d'abdiquer. Lénine prend le pouvoir. Le Tsar et sa famille sont assignés à résidence dans une maison dans les montagnes de l'Oural.

Le 16 juillet 1918, probablement pour éviter toute possibilité de retour de la famille impériale au pouvoir, les Romanov et leur personnel furent fusillés dans le sous-sol de la maison où ils étaient détenus. Personne ne sut véritablement ce qui était arrivé, jusqu'à ce que des corps soient découverts en 1991 dans la forêt près de la maison où la famille vivait avant sa tragique fin.

 La Seringue.