Gagner son Indépendance !

Être infirmière, c'est aussi voyager, avoir des opportunités de partir dans des contrées lointaines. C'est, tout au long de l'histoire de la profession, s'adapter et tirer profit des nouvelles technologies et acquérir ainsi l'autonomie et la liberté qui mènent à l'indépendance. Être infirmière, c'est depuis toujours, se confronter à l'autre, appréhender des modes de vie différents, des cultures étrangères.

Dès la fin du 19ème siècle, les infirmières ont eu accès à des activités réservées exclusivement aux hommes. Les guerres ne sont pas étrangères à cette émancipation. Ainsi, ces femmes se sont-elles faites soldats. Elles ont fait preuve de courage, sont parfois devenues des héroïnes et ont prouvé à maintes reprises qu'elles étaient aussi capables que leurs homologues masculins . Elles ont voyagé et ont pu faire des choix de vie  personnels indépendants d'une union maritale ou d'une existence prédéfinie par des règles familiales et sociales.

Nous sommes aujourd'hui le résultat de toutes ces conquêtes gagnées de haute lutte. Il est important de ne pas oublier toutes ces femmes connues ou anonymes qui ont jalonné la profession. Elles sont le fruit de notre histoire et nous permettent encore à ce jour de savoir pourquoi nous nous battons.

Des infirmières Néo-Zélandaises en Afrique du Sud !

En octobre 1899 éclate en Afrique du Sud la guerre entre les Britanniques et les descendants des premiers colons néerlandais, appelés Boers. Les Britanniques comptent mettre la main sur les riches gisements aurifères du Transvaal et les Boers veulent leur indépendance. Au début de l'année 1900, un premier groupe de six infirmières néo-zélandaises embarque pour l'Afrique du Sud. Elles viennent de l'hôpital public de Christchurch et sont affectées à l'hôpital général Mooi River Camp de Natal. Emily Peters assise à gauche dira à propos du camp,  "C'est le plus grand hôpital de brousse jamais connu,  nous devons porter des bottes en caoutchouc et des imperméables pour aller d'une tente à l'autre." Le nombre d'infirmières qui ont servi en Afrique du Sud est estimé à 30, et aucune d'elles n'a perdu la vie dans ce conflit.

Deux Anglaises chez les Belges !

En 1914, une jeune fille de 18 ans appelée Mairi Chisholm et son amie Elsie Knocker âgée de 30 ans décident de quitter Londres en side-car pour rejoindre le front belge et participer à l'effort de guerre. Les deux femmes s'installent dans une cave du village bombardé de Pervyse à quelques kilomètres d'Ostende où elles aménagent un poste de secours. C'est avec le side-car personnel de Mairi Chisholm que nos deux héroïnes vont chercher les corps des blessés sur les champs de bataille.

Ensemble, elles ont ainsi passé quatre années sur la ligne de feu où elles ont soigné et réconforté des centaines d'hommes. Elles furent les seules femmes qui ont vécu et travaillé dans les tranchées des fronts belges pendant la Première guerre mondiale.

Ces deux femmes atypiques et émancipées ont été surnommées les "madones de Pervyse" et ont reçu de nombreuses décorations pour leurs actes de bravoure.

Des Infirmières Nippones à Paris !

En 1915, la Croix-Rouge de Tokyo envoie une mission à Paris chargée d'installer à ses frais un hôpital pour soigner les blessés qui reviennent du front. Une équipe de 31 personnes s'installe à l'hôtel Astoria, avenue des Champs-Elysées. Cet établissement appartenant à une famille austro-allemande a été mis sous séquestre dès le début de la guerre et devient alors l'hôpital bénévole n° 4 bis.

Parmi les 31 soignants japonais, il y a 22 infirmières, 4 chirurgiens, des médecins dont deux femmes et des pharmaciens. La mission  a amené avec elle tout le matériel médical nécessaire tel que médicaments, coton hydrophyle, toiles des bandages, tarlatane des compresses, béquilles, matériel de chirurgie, laboratoire... La mission japonaise quittera Paris en septembre 1916.

 

 

Ambulancières à Casablanca !

Le groupe Rochambeau est créé en 1943 par une Américaine, Florence Conrad, qui achète 19 ambulances avec le soutien de puissantes ligues féminines des Etats-Unis. Ces ambulances sont conduites uniquement par des femmes qui débarquent à Casablanca dans le but de rallier la 2ème DB. D’abord réticent, le général Leclerc accepte de les intégrer à son armée jusqu’à Paris. Puis devant le courage et la détermination de celles que l’on surnomme « les Rochambelles », Leclerc crée le 13ème Bataillon Médical et prolonge leur mission jusqu’en Allemagne.

L'insigne du Groupe Rochambeau représente, sur un fond bleu, un Dodge WC54 sous les bombardements accompagné d'un drapeau français et d'une croix rouge.

 

 La Seringue.