Heureux les hommes de bonne volonté !

Non, la bonne volonté ne suffit pas à combler les femmes et les hommes, qui, chaque jour, prennent soin des millions de malades de ce pays. Les infirmiers libéraux en ont ras le pompon du manque de considération dont leurs instances font preuve  et des conditions dans lesquelles ils exercent au quotidien.

Les charges et les pressions qui pèsent sur cette profession aujourd'hui sont de nature à inciter beaucoup d'entre eux à mettre la clé sous la porte dans un futur plus ou moins proche. En deux mots, la profession se meurt...et ce, dans l'indifférence la plus totale.

Selon une enquête menée par l'Union régionale des professionnnels de santé d'Ile-de-France en 2014, un infirmier libéral sur cinq songeait à changer de métier. Ce qui représente tout de même 20 000 personnes en quête d'une porte de sortie !

Alors, soyons fous en ce jour, et offrons-nous une petite migraine des familles avec la perspective plus qu'incertaine de comprendre comment nous nous faisons empapaouter chaque année dans les grandes largeurs par un système qui nous dévore.

Le Salariat Vs Exercice Libéral !

En 2015, Lorsqu'une entreprise verse un salaire ou une rémunération nette de 1000 euros à un salarié, elle doit payer en moyenne 820 euros de charges patronales et salariales. Si elle bénéficie du CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi), elle paiera 743 euros. Ce qui représente 82% du montant du salaire net ( ou 74% si CICE).

Les charges sociales patronales pour un salaire net de 1000 euros s'élèvent à 538 euros (461 euros si le salarié bénéficie du CICE). Comprenez la part imputable à l'employeur.

Les charges sociales salariales pour un salaire net de 1000 euros s'élèvent à 282 euros. Comprenez la part imputable au salarié.

Ces chiffres correspondent au taux moyens de cotisations sociales patronales et salariales constatés. Ils ne tiennent pas compte des réductions de cotisations sociales sur les bas salaires, de l'aide à l'embauche du 1er salarié qui peut aller jusqu'à 4.000 € ou des coûts ou retenues accessoires et facultatifs à la rémunération tels que mutuelles, tickets restaurant, prévoyance complémentaires, etc.

En contre partie, les cotisants bénéficient d’une couverture totale ou partielle de frais divers, engendrés par l’un des « grands risques » que sont la vieillesse, la famille, la maladie, le chômage, les accidents du travail et les maladies professionnelles. - See more at: http://www.coindusalarie.fr/salaire/cotisations#sthash.4mwOZwRn.dpuf
En contre partie, les cotisants bénéficient d’une couverture totale ou partielle de frais divers, engendrés par l’un des « grands risques » que sont la vieillesse, la famille, la maladie, le chômage, les accidents du travail et les maladies professionnelles. - See more at: http://www.coindusalarie.fr/salaire/cotisations#sthash.4mwOZwRn.dpuf
En contre partie, les cotisants bénéficient d’une couverture totale ou partielle de frais divers, engendrés par l’un des « grands risques » que sont la vieillesse, la famille, la maladie, le chômage, les accidents du travail et les maladies professionnelles. - See more at: http://www.coindusalarie.fr/salaire/cotisations#sthash.4mwOZwRn.dpuf

En contrepartie, les salariés bénéficient d'une couverture totale ou partielle en matière de frais divers liés à la maladie, la vieillesse, le chômage, les accidents du travail, les maladies professionnelles et la famille.

Être salarié, c'est ainsi bénéficier de congés annuels qui se calculent sur la base de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif et d'une mutuelle obligatoire prise en charge en partie par l'employeur à concurrence de 50 %. C'est passer une grossesse sereine avec des congés de maternité bien mérités. C'est pouvoir prendre un congé parental pour élever son enfant. C'est bénéficier de tickets restaurants ou cinémas à moindre coût mais aussi de chèques vacances ou de cadeaux de Noël. C'est être suivi par la médecine du travail, être pris en charge à 100 % en cas d'accident du travail ou de maladies professionnelles. C'est pouvoir prendre des congés de formations. C'est pouvoir assurer lorsque l'on est malade parce que l'on touche des indemnités journalières. C'est pouvoir jouir d'une retraite.

Exercice Libéral Vs Salariat !

L'exercice libéral, c'est voir le fruit de son travail fondre comme neige au soleil si l'on veut avoir une couverture médicale et sociale décente.

C'est cotiser à la Carpimko (Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes) la somme de 3879 euros pour l'année 2015 si l'on a un bénéfice de 40 000 euros soit 500 euros de plus que l'année 2014. Ce qui représente presque 10 % des bénéfices pour toucher une retraite de misère.

C'est donc souscrire à un plan épargne retraite, une assurance-vie ou tout autre version de produits qui permettront justement d'avoir une pension un peu plus conséquente quand l'heure de rester chez soi sera venue, histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards que vous allez vous manger à l'année.

C'est prendre aussi une assurance professionnelle qui vous protégera dans votre exercice. C'est payer des cotisations Urssaf qui ne  vous verseront aucune indemnités journalières en cas de maladie. C'est donc se couvrir avec une assurance prévoyance qui, elle, vous versera des indemnités journalières en cas de problème de santé et vous aidera à payer vos charges sociales. C'est souscrire une assurance accidents du travail auprès de votre caisse qui vous prendra en charge en cas de pépin pendant votre tournée. C'est aussi cotiser à une mutuelle pour couvrir les frais non couverts par votre assurance maladie.

C'est cotiser à l'Ordre National des Infirmiers censé nous protéger dans l'exercice de notre profession. C'est ne pas avoir de couverture vaccinale ni de médecine du travail et encore moins de reconnaissance de maladies professionnelles. C'est anticiper et préparer un bas de laine conséquent lorsque l'on veut avoir des enfants. C'est prévoir l'avenir dans tout ce qu'il a de plus sombre que ce soit en terme de maladie, handicap, burn-out, procédures et actions en justice.

L'exercice libéral d'aujourd'hui, c'est serrer les fesses, craindre pour son devenir et celui de la profession...

La Seringue.

 

 

http://www.espaceinfirmier.fr/actualites/au-jour-le-jour/articles-d-actualite/141114-une-infirmiere-liberale-sur-cinq-songe-a-changer-de-metier.html
http://www.expert-comptable-tpe.fr/posts/view/charges-sociales-montant-salaire
https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/actualites/007383
http://easy-compta-idel.com/newsletter/?page_id=849