Oraison Funèbre !

Il y a quelques années, un couple s'est pendu suite à une notification d'indus laissant deux petites orphelines. Ce n'était pas des criminels, ils étaient tous deux kinésithérapeutes. Il y a quelques jours, un homme est mort dans un tribunal, poussé à bout, il a tiré sur le bâtonnier avec un révolver à plusieurs reprises avant de retourner son arme contre lui. Cet homme n'était pas un criminel, il était avocat.  Ce jour, un homme a tenté de se donner la mort et son état demeure préoccupant. cet  homme n'est pas un criminel, il était médecin et a abrégé la vie de patients en phase terminale en son âme et conscience comme l'ont déjà fait des dizaines de praticiens avant lui.

Comment peut-on pousser un homme à bout au point qu'il en arrive à commettre l'irréparable ?  Que fait-on de notre humanité ? Comment a-t-on pu laisser faire ça ? Sommes-nous à ce point anesthésiés qu'aucune idée de révolte ne nous anime ? Comment peut-on laisser par la plus grande des hypocrisies, la responsabilité de l'euthanasie sur les épaules d'un seul homme ?  Demain, nous parlerons de folie passagère, de forcenés qui, dans le désespoir, ont perdu pied, de burn-out, de faiblesse. Demain, nous continuerons à vivre, nous oublierons, jusqu'au prochain fait divers qui nous révoltera le temps d'un battement de cils. Demain, nous serons peut-être les prochaines victimes de ces méthodes dignes d'une dictature pour mettre un peuple à genou.

Vol au dessus d'un nid de coucou !

Point n'est besoin aujourd'hui d'électrochocs comme dans le film "Orange mécanique" de Stanley Kubrick ou "Vol au dessus d'un nid de coucou" de Milos Forman pour formater les esprits. Les méthodes employées dans notre belle démocratie française pour aboutir aux faits divers que nous connaissons tous pourraient s'inspirer de la redoutable Stasi, Ministère de la sécurité de l'État en République Démocratique Allemande avant la chute du mur de Berlin en 1989. La Stasi utilisait  alors une méthode extraordinairement efficace qu'il nommait "décomposition" ou "Zersetzung". Il s'agissait à l'époque de dissoudre psychologiquement les dissidents, de les casser, de les éteindre avant qu'ils ne nuisent

Voici la définition de la Zersetzung dans le manuel de la Stasi, bible du parfait tortionnaire :

« Décomposition. Méthode opérationnelle du Ministère de la sécurité d’État pour une lutte efficace contre les agissements subversifs, en particulier dans le traitement des opérations. Avec la décomposition, au travers de différentes activités politiques opérationnelles, on prend de l’influence sur les personnes hostiles et négatives, en particulier sur ce qu’il y a d’hostile et de négatif dans leurs dispositions et leurs convictions, de sorte qu’elles soient secouées et peu à peu changées, et le cas échéant que les contradictions ainsi que les différences entre les forces hostiles et négatives soient provoquées, exploitées ou renforcées.
Le but de la décomposition est la fragmentation, la paralysie, la désorganisation et l’isolement des forces hostiles et négatives, etc. »

Une directive de 1976 donnait des exemples de techniques de décomposition :

«  dégradation systématique de la réputation, de l’image et du prestige sur la base de données d’une part vraies, vérifiables et dégradantes, et d’autre part fausses, vraisemblables, irréfutables et toujours dégradantes  ; organisation systématique d’échecs professionnels et sociaux pour démolir la confiance en soi de l’individu  ; […] stimulation des doutes relatifs aux perspectives d’avenir  ; stimulation de la méfiance et du soupçon mutuel au sein des groupes […]  ; mise en place d’obstacles spatiaux et temporels rendant impossibles, ou du moins entravant les relations réciproques des membres d’un groupe […], par exemple par […] l’attribution de lieux de travail éloignés.  »

Prendre ses responsabilités !

A l'image de l'article paru en 1971 dans le nouvel observateur, "le manifeste des 343 salopes" représentant les femmes célèbres ou inconnues, qui ont eu le courage de dire "je me suis fait avorter", les médecins pourraient aussi prendre la responsabilité de crier haut et fort "j'ai euthanasié un patient en fin de vie". Ce manifeste mettrait sans doute fin à une hypocrisie qui dure depuis de longues années et qui ne dupe personne.

 

La Seringue.

 

 

 Sources : http://rue89.nouvelobs.com/2014/03/20/pense-bete-nicolas-sarkozy-voici-quetait-stasi-250853