Plongée dans les Abysses !

La mode est à l'investigation, aux reportages en immersion à 360° et aux enquêtes exclusives, rien que cela !  et bien, plongeons-nous un peu dans le trou abyssal de la sécu, visitons-le et tentons de retrouver qui sont ces enfants de salauds qui l'ont creusé. Qui a eu l'audace de nous mettre dans un pétrin pareil parce que, tout de même, un déficit de 13 milliards d'euros, ça ne passe pas inaperçu surtout lorsque l'on apprend qu'il ne cesse de croître.

Ça suffit donc, nous voulons des coupables, nous souhaitons pouvoir clouer au pilori les auteurs de ces délits, nous rêvons de les écarteler vivants et leur faire passer l'envie de recommencer. Enfin bref, nous crions vengeance ! Et tel Sherlock Holmes, nous partons pour une petite enquête de terrain en immersion bien sûr, accrochez-vous, ça va dépoter et parfois, ça pue, il faut l'avouer !

Le ver est dans le fruit !

Selon le rapport de la Cour des Comptes paru en septembre 2014, les cadres de la Sécurité sociale sont grassement rémunérés. Leurs effectifs, pourtant, ont baissé de 6.4 % depuis 2006,  certaines antennes ayant fermé boutique tandis que d'autres ont fusionné. Par contre, leurs salaires se portent plutôt bien et n'ont cessé de croître grâce à des compléments de rémunération basés sur un système de points attribués pour la performance et la compétence ainsi que des avantages en nature de toute sorte. La rémunération principale brute d'un cadre de la Sécurité sociale s'élève en moyenne à 95 000 euros. Cette somme ne tient évidemment pas compte des compléments de rémunération qui peuvent atteindre 1 729 à 12 108 euros par an.

En 2013, le Régime Général comptait 1 885 cadres qui, a eux tous ont perçu un montant d'un peu plus de 179 millions d'euros/an au titre de leur rémunération principale (1 885 x 95 000/an).

(La gestion des personnels de direction des organismes de sécurité sociale : une stratégie à construire - Sécurité sociale 2014 – septembre 2014 -Cour des comptes)

Le Prix des médicaments !

Dans notre beau pays de France, les laboratoires pharmaceutiques ont le quasi-monopole et font la pluie et le beau temps sur la vente et le prix des médicaments. C'est ce qu'on l'on nomme le lobbying ou "Big Pharma". Mettre sur le marché de nouvelles molécules est un procédé long et coûteux. Qu'a cela ne tienne, Big Pharma a la solution. Il suffit de changer le packaging et le nom d'un produit qui, dans sa fonction n'a pas changé, pour pouvoir en augmenter le prix en sachant que ces médicaments mis sur le marché il y a des années sont rentabilisés depuis belle lurette. L'objectif non avéré n'est donc plus exclusivement de faire de la recherche, mais de faire du neuf avec du vieux et de s'en mettre plein les poches au passage sur le dos de qui, je vous le demande... la sécu bien sûr, donc vous, contribuables.

Salauds de pauvres !

Lorsque la croissance est ralentie, la masse salariale diminue, le taux de chômage augmente et avec lui, les dépenses d'indemnisation et d'aide sociale. Pourquoi, me direz-vous ? Et bien, simplement parce que les recettes des cotisations sociales diminuent elles aussi.

Lorsque l'on est pauvre, ou chômeur, ou les deux à la fois la plupart du temps, le budget alloué à la santé se restreint comme peau de chagrin au dépens du besoin somme toute primaire qui est celui de trouver de quoi bouffer. L'intérêt pour la santé étant relégué au second plan, on consacre moins de moyens à la prévention.  Et comme, selon le vieil adage, il vaut mieux prévenir que guérir, les coûts liés à certaines pathologies non détectées à temps ou non suivies s'envolent.

Les pauvres font de parfaits boucs émissaires en ces temps de chienlit, ils sont non seulement fauchés mais aussi improductifs, désunis et méprisés par le plus grand nombre. En conclusion, on peut leur faire porter tous les chapeaux, un pauvre, ça ne se mobilise pas, ça ne fait pas de  vagues et ça vous creuse le trou de la sécu à grand renfort de CMU, d'Aide Médicale d'État, de cancers liés au tabac et à l'alcoolisme. Ben voyons !

Et les infirmiers libéraux dans tout ça ?

En septembre 2015, les 104 000 infirmiers libéraux que nous sommes ont eu l'immense douleur d'apprendre qu'ils avaient coûté à la Sécurité sociale la somme de 6.376 milliards.

Alors, calculette, Hop, Hop, Hop et qu'est ce que l'on sort du chapeau...la somme de 6.376 milliards divisée par 104 000 infirmiers soit 61 307 euros perçus par an en moyenne par chaque infirmier. Et comme votre relevé SNIR est le reflet de votre activité sur une année en brut, on peut sans hésiter se permettre de faire une coupe franche d'environ 45 % sur ce montant destinée à payer vos charges pour enfin obtenir un salaire moyen net à l'année.

Alors, calculette, Hop, Hop, Hop et qu'est ce que l'on sort du chapeau...61 307 - 45 %.... soit la somme de 61 307 - 27 588 = 33 719 euros moyen net par an soit 2800 euros net par mois. Ben voilà, c'est magique, nous sommes enfin rassurés de n'avoir volé ni escroqué personne. Grand ouf de soulagement vous avouerez !

La Seringue.

(Source : SNIR tous régimes confondus/ Rapport de la Cour des comptes sept 2015)