Ça se passe comme ça avec les HAD !

Depuis quelques temps déjà, les infirmiers libéraux se plaignent d'une forme de racket de patientèles par les services d'Hospitalisation A Domicile  (HAD). Dans la plupart des cas, le détournement s'effectue au décours d'une hospitalisation. A sa sortie, le patient est orienté par le médecin du service ou l'assistante sociale vers une structure d'hospitalisation à domicile sous les prétextes parfois fallacieux de soins trop complexes ou trop techniques pour être réalisés en ville par un infirmier libéral.

L'infirmier libéral pour qui les HAD et l'hôpital ont un tel respect qu'ils ne prennent bien souvent même pas la peine de l'informer du fait que le patient vient de lui glisser entre les doigts. Ce même patient qu'il prenait en charge parfois depuis des années.

L'nfirmier libéral à qui ces mêmes HAD font parfois appel pour combler les trous, les surcharges de travail, les impondérables au sein de leurs services et que l'on trouve dans ces situations de nécessité suffisamment performants,  tout à fait efficaces et rentables pour prendre soin des malades.

Des patients à qui l'on n'octroie pas la possibilité de faire un choix entre l'infirmier qu'il connait depuis si longtemps et la structure qui va s'imposer à son domicile. A ce propos, il est d'ailleurs fréquent qu' une pression soit exercée sur le malade et sa famille pour qu'ils acceptent le suivi par l'HAD, faisant ainsi fi de leur consentement.

Le patient à qui l'on ôte l'une des dernières libertés qui lui reste le privant ainsi d'être acteur de sa maladie.

 

Ce que dit la Loi !

L'article L 1110-8 du Code de la Santé Publique, créé par la loi n°2002-303 du 4 mars 2002 pose le principe de liberté du patient à choisir son professionnel de santé : "Le droit du malade au libre choix de son praticien et de son établissement de santé est un principe fondamental de la législation sanitaire".

L'Article 23 (article R.4127-23 du Code de la Santé Publique stipule d'autre part que "Tout compérage entre médecins, entre médecins et pharmaciens, auxiliaires médicaux ou toutes autres personnes physiques ou morales est interdit".

 

 

La Guerre est Déclarée !

La notion de compérage est rarement évoquée dans ce genre de situation et pourtant, il semble que ce soit monnaie courante de faire appel à des infirmiers que l'on connait pour travailler avec les HAD, sans se préoccuper de savoir si le patient a déjà un soignant qui le suit. Les hôpitaux quant à eux, pratiquent également le compérage avec les HAD qui dépendent souvent de leurs structures.

HAD qui, d'ailleurs, nous prépare un contrat type mirobolant avec un forfait fixe de journée qui ne dépasserait pas les 120 euros et dans lequel on pourrait mettre une kyrielle d'actes. Un joli fourre-tout fait pour leur faire gagner de l'argent et pour nous en faire perdre.

La solution serait sans doute de refuser toute collaboration avec ces structures de soins pour lesquelles, au final, nous ne sommes qu'une main d'oeuvre  taillable et corvéable à merci. Nous sommes considérés comme une sous-traitance faite de petites mains habiles qui assument leurs charges elles-mêmes, à qui l'on ne donne pas de congés annuels et encore moins d'assurance chômage, vieillesse, indemnités journalières en cas de maladie. En deux mots, nous sommes le bonheur d'une entreprise qui veut tailler dans les budgets et faire des économies.

Il serait temps aussi que nos instances se préoccupent de cette spoliation de clientèle au niveau juridique. Il est  impératif pour nous si nous voulons survivre de battre la semelle pour défendre nos droits tant qu'il est encore temps.

La Seringue.