Riches de ce que nous Sommes 

La France est un pays de mixité ethnique dans lequel mijote un  bouillon de cultures dont on ne peut aujourd'hui s'absoudre. Loin est le temps où l'on vantait notre savoir culinaire dans le monde entier. Nous ne parlons donc plus que de pinard, de fromages et de notre sacro sainte gastronomie, le couscous ayant supplanté le boeuf bourguignon ou la choucroute dans le coeur des français depuis belle lurette. Fi du chauvinisme, place à l'interculturalité !

Ces cultures et ces traditions, ces us et coutumes mais aussi ces religions qui  enrichissent notre pays, nous sommes en devoir de les prendre en compte dans notre exercice quotidien. Les connaître, les appréhender contribue à la construction d'une réelle prise en charge holistique de son patient. Cela permet aussi de ne pas faire d'erreurs qui, parfois, peuvent être fâcheuses voire fatales pour le malade. Il y a quelques années, un homme de l'ethnie Saramaka, hospitalisé à Saint Laurent du Maroni, s'est défenestré parce que l'aide soignante a cru bon par mesure d'hygiène, de couper aux ciseaux la ceinture de protection qu'il portait autour de la taille avant d'aller au bloc opératoire.

La religion et les croyances

Pour le soignant, il y a maintes raisons de s'intéresser aux différentes religions de ce monde. La perception de la maladie, de la mort, de la naissance ou de la maternité est souvent inhérente à ces variables cultuelles.Il est donc parfois nécessaire de négocier avec le patient et sa famille dans le cadre du soin. Il n'est pas question là de faire abstraction de tout ce que l'on a appris mais de transiger et d'accommoder au mieux la prise en charge pour qu'elle soit la plus efficace possible.

Aller à l'encontre des croyances du patient compromet souvent le bon déroulement des soins en provoquant des réactions en chaîne comme la non observance des traitements, le déni de la maladie et une résistance à toute approche allopathique de la médecine. La rigidité nuit dans ces cas-là à la bonne entente entre le soignant et le soigné et met en péril le suivi du malade.

Le jeûne de Pâques ou du Ramadan par exemple peut perturber l'équilibre des glycémies chez un diabétique avec toutes les complications que cela implique (hypoglycémies, hyperglycémies lors de la rupture du  jeûne, acidocétose diabétique...). Il faut que le patient y soit préparé, surveillé et éduqué plusieurs semaines à l'avance en ayant bien sûr le consentement de son médecin traitant.

 

Traditions, Us et Coutumes

Les traditions et les coutumes ont elles aussi leurs places dans l'éventail de la médecine. L'accouchement par exemple avec la présence du père ou pas, la césarienne, l'épisiotomie, l'allaitement, les soins aux nouveaux nés sont perçus différemment selon le pays d'origine des patients. La vieillesse, la mort, la perception du corps sain et du corps malade sont autant de paramètres qui entrent dans la dimension du soin.

A titre d'exemple, Césarienne et épisiotomie sont mal perçues dans certains pays africains et l'accouchement contrairement aux occidentaux est surtout une affaire de femmes.

En Asie, les mamans dessinent les sourcils de leurs nouveaux nés avec une feuille de bétel. Ce geste est sensé fixer la beauté et la personnalité futures de l'enfant. Le nouveau né, à sa naissance, est considéré comme un enfant de un an car la vie commence dès la conception mentale des parents.

Au Vietnam, Marquer le front de son bébé avec du rouge à lèvres l'enlaidit et ainsi, le protège des esprits malveillants.

Dans l'Islam, l'hygiène fait partie d'un rituel (les ablutions) avec les cinq prières quotidiennes. Chaque partie du corps doit  être lavée trois fois avec la main gauche. La main droite considérée comme pure est utilisée pour manger.

Ces rituels qui font partie de notre quotidien doivent être pris en compte. Soigner l'autre, c'est aussi accepter ce qu'il est, ce qui l'a construit depuis des générations, ce qu'il véhicule. C'est faire des compromis, ouvrir son esprit et faire place à la tolérance tout en restant professionnel.

La Seringue.