Lombalgies et Troubles Musculo-Squelettiques (TMS)

La lombalgie est un ensemble de symptômes définis par des douleurs dans le bas du dos, plus ou moins récidivantes. Cette affection courante peut être provoquée ou aggravée par l’activité professionnelle.

Les TMS des membres supérieurs sont des affections dues à des sollicitations répétées et prolongées de certaines articulations générant des lésions au niveau des nerfs, tendons, muscles et ligaments du cou, de l’épaule, du coude, du poignet ou encore de la main. Ils se traduisent par des douleurs, des maladies et une gêne fonctionnelle qui peuvent devenir invalidantes.

Les TMS représentent un grave problème de santé au travail. C’est le 1er facteur d’inaptitude professionnelle en France (source CNAM 2010). 15% des femmes ont des TMS aux membres supérieurs et 17% aux rachis lombaires (source INVS).  85% des causes de maladies professionnelles sont dues aux troubles musculo-squelettiques. Le dos est un des outils de travail au premier plan pour les métiers soignants.

Pourtant, les soignants libéraux sont une fois de plus les grands absents d'une quelconque prise en charge de ces pathologies et surtout de leur reconnaissance comme maladie professionnelle.

Médecine du travail : le chaînon manquant !

Moyenne

Et si l'on parlait un peu de santé au travail. En parler, c'est beaucoup dire parce dans ce domaine, les infirmiers libéraux sont un peu comme les cordonniers mal chaussés, le suivi médical dans la profession étant comme qui dirait ...inexistant.

Les services de santé au travail, anciennement nommés Médecine du travail, ont pour mission préventive de veiller à la protection de la santé des salariés. Ils évaluent leur aptitude à exercer leur fonction sans risque pour leur santé. La périodicité ordinaire des visites médicales est de 24 mois.

On a bien compris que ces services ne s'adressaient pas à nous, puisqu'il faut être  SALARIES pour en bénéficier. Adieu donc la radio pulmonaire capable de vous détecter un bon vieux cancer ou une tuberculose qui, rappelons-le, est une maladie contagieuse à déclaration obligatoire. Vous pouvez donc allègrement passer entre les mailles du filet et vous faire joyeusement votre petite tuberculose des familles et par là même contaminer tout votre quartier ainsi que votre foyer.

Adieu aussi  à l'examen de la vue (acuité visuelle, vision des couleurs, champ visuel…). Vous avez le droit d'être myope comme une taupe et de ne pas porter de lunettes juste par coquetterie, on ne vous en blâmera pas. Enfin si, peut-être le patient à qui vous ferez une prise de sang avec le nez collé sur son avant bras pour voir où il faut piquer...Vous pouvez tout aussi bien être sourd comme un pot puisque vous n'aurez pas non plus d'examens d'audiomètrie, pas plus que vous n'aurez de prises de sang, d'analyses d'urine ou de spiromètrie. Vous pouvez  être diabétique ou insuffisant respiratoire, on s'en tamponne le coquillard, mieux même, on ne veut pas le savoir...Quant à votre couverture vaccinale, et bien, débrouillez-vous avec, vous êtes infirmiers bon sang, prenez-vous en charge ! La médecine du travail pour les infirmiers libéraux n'est pas encore née et pourtant...

L’Institut de veille sanitaire a publié  une étude sur les infirmiers libéraux en Seine-et-Marne en 2012. Celle-ci visait à évaluer leurs pratiques en matière de prévention des risques liés aux soins réalisés à domicile, notamment concernant les accidents d’exposition au sang, la couverture vaccinale, la gestion des déchets d’activité de soins à risques infectieux ou encore les règles d’hygiène associées aux soins à domicile. Un questionnaire a été adressé à 883 personnes par voie postale. 206 réponses ont été recueillies. L’étude a révélé que l’application des précautions standards est insuffisante : couverture vaccinale peu souvent à jour, recommandations relatives à la bonne hygiène des mains insuffisamment suivies. Il a également été mis en lumière un manque de communication hôpital - ville. La transmission d’informations essentielles est souvent insuffisante. Les infirmiers libéraux ne sont presque jamais informés lorsqu’un patient est porteur d’une bactérie multirésistante par exemple.

Une enquête réalisée par la FNI et le GERES d’octobre à novembre 2013 montre que 62 % des infirmiers ou infirmières libéraux ont déjà été victimes d’un accident par exposition au sang par piqûre d’aiguille au cours de leur carrière, dont la moitié d’entre eux au cours de l’année écoulée. À la suite d’un accident, seuls 19 % des infirmiers libéraux ont consulté un médecin référent hospitalier, jugeant par elles-mêmes le risque minime ou nul. Ils sont 52 % à ne pas connaître la conduite à tenir en cas d’AES et 80 % jugent les informations disponibles insuffisantes ou inexistantes.

Les praticiens et auxiliaires médicaux libéraux, même conventionnés ne bénéficient pas de la prise en charge spécifique de la branche Accident du Travail ou Maladie Professionnelle prévue au titre IV du code de la Sécurité Sociale (couverture à 100% des soins, appareillages et pharmacie et versement dès le 1er jour d’indemnités journalières), la condition de subordination (employeur/salarié) faisant défaut (articles L411-1 et L412-1 du code de la Sécurité Sociale). Il est possible de souscrire une  assurance complémentaire ou «assurance volontaire individuelle Accident du Travail / Maladie Professionnelle» auprès de votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie. Il est tout de même inadmissible que nous ayons une couverture aussi maigre au vu des risques qui incombent à notre profession.

 6.300 personnes meurent chaque jour, dans le monde, de maladie ou d’accidents liés au travail, soit plus de 2 millions par an. Il faut ajouter à ce chiffre près de 850.000 blessés par jour, soit 317 millions chaque année.

La Seringue.