Trombinoscope

En ce vendredi, veille de week-end,  j'ai une envie irrésistible d'étoffer l'album photos de nos très chers patients, histoire de décompresser un peu sans pour autant se prendre au sérieux.

Ce n'est, bien sûr,  qu'une caricature poussée à  l'extrême, qui ne représente en aucun cas une généralité. Vous avez toutes et tous cotoyés un jour cette figure sous une forme sans doute moins exacerbée.

Après avoir ciblé des personnages et dressé leurs portraits, vous ne les regarderez plus jamais avec le même oeil. La satire permet de se dégager de nos émotions qui peuvent parfois nuire à notre travail et être toxiques pour nous-mêmes. L'intérêt étant de relativiser voire même de dégoupiller des bombes relationnelles qui menacent parfois d'exploser.

L'overbooké(e)

Dire que l'overbooké(e) est un genre difficile à saisir est un euphémisme. Pourtant, le premier contact avec lui (ou elle) ressemble à une planification de bataille où tout serait paramètré au millimètre. Vous prenez note ensemble de l'heure du rendez-vous, de la manière dont seront conduits les soins, du matériel nécessaire... Enfin bref, vous le sentez investi au plus haut point et vous ressortez de là conquis. Etre acteur de sa santé à ce point vous fait l'effet d'un miracle et la Sainte Vierge vous apparait soudain : Comment cela est-il possible ?

Sauf que non, la rigueur et la méthode de notre boute-en-train s'avèrent être très rapidement synonymes d'incertitude, de désinvolture et de désordre. Dès le deuxième rendez-vous, vous vous retrouvez appuyant comme un désespéré sur une sonnette devant une porte qui refuse de s'ouvrir. Ce qui en clair, signifie qu'il vient de vous poser un lapin, premier d'une longue série, la cuniculture étant la spécialité de notre ami.

De rendez-vous manqués en rendez-vous reportés, de portes closes en appels dirigés sur la messagerie, vous finissez par passer en revue tous les arguments bétons qu'il vous a servi comme excuses (un rendez-vous chez la coiffeuse, la promenade du chien qui n'en peut plus d'être enfermé, la nuit passée chez la tante Monique parce qu'elle avait le cafard...) et vous vous dites que, sur ce coup là, vous n'avez pas été très clairvoyant. Votre idylle fut brève, notre compère n'a de toute évidence pas envie d'aller plus loin dans votre relation, pas plus qu'il n'a envie de se soigner (par choix ou par insouciance).

Petits conseils 

- Ne pas attendre le 99ème lapin pour prendre des mesures drastiques sinon vous êtes pris pour le dindon de la farce et le jeu peut perdurer des mois voire des années avec tout ce que cela entraîne comme charges émotionnelles pour vous (Lui, il s'en fout, ce n'est pas cela qui va l'émouvoir !).

- Etre clair et peu conciliant, la diplomatie, dans le cas qui nous intéresse, risque de vous desservir, notre ami n'espérant que cela pour prendre le pouvoir et faire comme bon lui semble.

- Ne pas s'acharner à vouloir sauver le monde, Le soin est un acte qui se pratique à deux, il y a l'acteur du soin à savoir vous et le destinataire du soin, à savoir lui et il est impératif qu'il y ait volonté des deux côtés d'aboutir à un résultat. N'hésitez pas à déléguer ce job à un confrère ou une consoeur avec qui le deal pourrait peut être mieux fonctionner. Parfois, il suffit de peu...le soin, c'est aussi une rencontre entre deux individus.(Ou l'art de refiler le bébé...)

La Seringue