Le repos du guerrier

Ah, les joies des vacances ! On souffle, on se détend, on met son boulot entre parenthèses. Cette année c'est décidé, on part à la mer, à la montagne ou à la campagne et on quitte sa grisaille et son quotidien. On ressort donc sa paire de skis, son masque, son tuba, son jokari, ses rollers, ses boules de pétanques, son filet à papillons et ce, même si les lépidoptères sont en voie de disparition ... On charge la bagnole de bagages et de trucs inutiles comme si on partait en expédition pour six mois et on se barre... 

On a besoin de remonter son moralomètre à bloc, de faire le plein d'énergie, d'avoir du temps pour soi et devant soi, et d'en profiter un max. Adieu bye, bye, c'est parti mon Kiki...

Ça, c'est la version "Je suis touriste", ce qui sous-entend : "Je suis en congés annuels ou en week-end prolongé". Au passage, on dépose une gerbe sur la tombe de Léon Blum et on dit merci aux RTT.

Le Spectre des congés

Nous, infirmiers libéraux, vissés que nous sommes sur le siège avant gauche de notre véhicule toute la sainte journée,  ne pouvons que subir les affres des périodes de congés.

Nous sommes victimes bien malgré nous, des variations saisonnières du trafic national inhérentes aux divers congés, RTT, ponts ou vacances mais également à la météo. Nous devons périodiquement affronter embouteillages, zones piétonnes, travaux, zones de rencontres aussi bien que verglas, inondations, giboulées et intempéries de toutes sortes. La maîtrise de soi est dans ces situations un exercice parfois difficile et il n'est pas rare, je dirais même pour l'avoir vécu que c'est monnaie courante de péter un plomb voire plusieurs, Attention danger, risque de court circuit !

 

La Métamorphose de la blouse blanche

Chaque jour, vous devez partir d'un point A pour aller à un point B qui vous amènera ensuite à un point C et ainsi de suite. Votre tournée est bien huilée, ça roule rond dans rond et vous avez même pris l'habitude de jongler avec les itinéraires, les heures de sorties des écoles, des bureaux ou des usines. Et vous n'êtes pas peu fier de déjouer le moindre embouteillage, le moindre piège sur votre route qui pourraient vous mettre en retard. Attention travaux !

Mais quand l'heure des congés a sonné, votre vie bien tranquille avec votre trajet bien rôdé se met à s'effriter et à ressembler à un cauchemar.

► Votre ville est une cité touristique : là, c'est mort, vous allez  approcher un enfer qui va perdurer plusieurs mois...

► Votre ville est une cité touristique qui a décidé de faire des travaux en été parce qu'en hiver, ben, il fait froid (vous me direz forer du macadam par moins trente, c'est quand même pas humain) : là, vous avez des idées de meurtres au pluriel (Tant qu'à faire !)

► Votre ville a décidé de fermer ses portes à la circulation et d'investir dans le piéton : là, vous achetez une kalachnikov... que dis-je une nouvelle paire de baskets, non, deux paires...

► Votre ville s'est soudainement vidée de ses autochtones (pas fous, ils ont quittés les lieux !) et s'est remplie d'une faune inculte qui a gagné son permis de conduire dans une loterie : là, vous oubliez toutes les règles de la bienséance, en résumé, ce que vos parents ont mis parfois vingt années à vous inculquer. Vous devenez le Marcel Proust de l'insulte et de la grossièreté en tous genres, le Picasso de la grimace et du doigt d'honneur. Bref, vous êtes un Artiste.

 

Bonne route à vous, soyez prudents ...et n'oubliez pas que vous aussi, parfois, vous devenez un touriste...

La Seringue.