Si tous les Rachid du monde... ?

Il s'appelle Rachid et il est infirmier. Il pourrait tout aussi bien s'appeler Jamal, Fatima ou Nadia mais aussi Jean Paul ou Véronique. Ses origines sont multiples, sa culture est parfois différente ainsi que sa religion. Il plonge le plus souvent ses racines dans tout le continent africain ainsi que dans les territoires ultra marins mais aussi au Moyen-Orient.

Notre Rachid est comme nous-mêmes diplomé d'Etat. Il a suivi un cursus scolaire plus que normal, il est parfois bardé de diplômes universitaires. Il est entré dans l'exercice libéral avec les mêmes rêves que nous tous, avec les mêmes envies de prendre soin, avec parfois le même dégout d'une administration hospitalière lourde et pesante, avec le même désir d'être autonome et reconnu. Et pourtant, Rachid n'est pas comme nous...

 

Le Remplacement en Libéral

Rachid a effectué toutes les formalités administratives pour professer en tant qu'infirmier remplaçant exerçant en libéral sous convention. Il est titulaire de son autorisation de remplacement en cours de validité délivrée par l'Agence Régionale de Santé (ARS), et justifie d'une activité professionnelle de 18 mois (jusque là, tout va bien  !).Il est dans les startings blocks notre Rachid, prêt à s'expatrier à des kilomètres pour aller bosser ! Il épluche les petites annonces sans relâche et attend simplement qu'un infirmier lui donne enfin une réponse positive pour effectuer un remplacement. Ce feu vert tarde à venir. Rachid, pourtant hyper motivé se demande bien pourquoi !

Un apartheid déguisé !

La crise européenne a exacerbé les comportements de discrimination dans toute l'Europe. Une forme de racisme décomplexé fleurit sur les réseaux sociaux et dans notre quotidien. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) vient de publier son rapport pour 2014 dont les résultats sont assez accablants :

► 70% des personnes interrogées estiment qu’il y a trop d’immigrés en France

► 45% ont une opinion négative de l’islam

► 62 % ont des préjugés antisémites

► 77 % pensent que les Roms ne veulent pas s’intégrer en France

Pourtant la discrimination à l'embauche est bien encadrée par la loi. L’article L 122-45 du code du travail protège toute personne qui subirait une discrimination à l’embauche ou pendant l’exécution de son travail : « Aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement ou de l'accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa situation de famille, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son patronyme ou en raison de son état de santé ou de son handicap. »

Tout contrevenant est passible de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende.

A partir de là, il est toujours facile de prétendre que le poste est déjà occupé sans craindre les foudres de la législation...

Ce post est dédié à une amie...

La Seringue.