"Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point" (Blaise Pascal)

Boum, Boum, Boum, notre cœur est l'organe le plus symbolique du corps humain. Il bat parfois la chamade, ralentit, accélère, s'emballe, il se soulève de temps en temps, palpite. On le brise quelquefois, on le fend aussi ou on le serre. Il peut être gros, il peut être dur, il peut être bon, joyeux ou léger. Bref, notre coeur est le centre même de notre être.

Il a longtemps été perçu comme le lieu de toutes nos émotions, puis, la médecine moderne a entrepris de le remettre à sa place parmi nos organes, jouant ainsi le rôle indispensable mais réducteur d'une simple pompe, pompe efficace et performante certes, mais privée de sa mystique. L'être humain est  donc gouverné par sa tête, siège de la pensée et de la prise de décision et non par le cœur...

En Inde et en Extrême Orient, le coeur serait le siège de notre conscience, là où se loge notre âme. Le Coran, qui constitue une source d'inspiration première pour les Soufis, parle très fréquemment du cœur comme organe de la compréhension de la foi.

 

 

 

 Boum ! Quand notre coeur fait Boum !

 33 % des infarctus du myocarde ont le stress comme facteur de risque principal. Il occupe la troisième place par ordre d'importance, après le cholestérol et le tabac.

Alors qu’on ne parlait pas encore de stress, le cardiologue Canadien William Osler écrivait déjà en 1907qu’un métier à haute responsabilité peut favoriser la survenue d’un infarctus.

Pendant de nombreuses années, en particulier en France, la relation entre le stress, l’anxiété et la maladie coronaire n’a pas été vraiment admise. En 1959, deux cardiologues américains (M. Friedman et R.H. Rosenman) ont montré qu’un type psychologique appelé profil de type A était favorable à la survenue d’un infarctus.
Le profil psychologique de type A se caractérise par :

  1. Urgence du temps
  2. Combativité, compétitivité, sens du défi
  3. Polarisation par le travail, Activités multiples
  4. Quête de reconnaissance, Exigence pour soi même
  5. Impatience, ponctualité, rapidité pour parler, manger, marcher. 

En 1970, il est apparu que le trait le plus néfaste de ces patients de type A est en fait l’hostilité (le combatif-râleur permanent… !)

En 2004 une grande étude mondiale (INTERHEART) a montré que le stress psychosocial était un facteur de risque majeur de la maladie coronaire.

 Vous avez dit Trauma !

 Après un infarctus du myocarde, il n'est pas rare de garder des séquelles psychologiques.

Ces accidents provoquent en effet des traumatismes psychologiques conséquents. A tel point qu’ils peuvent interférer avec le traitement du malade…
Le Dr Eyal Shemesh, du Mount Sinaï Medical Center de New-York, a suivi durant un an 102 patients qui avaient été victimes d’un infarctus. Ainsi a-t-il découvert que nombre d’entre eux affichaient des symptômes caractéristiques d’un stress post-traumatique (la présence de souvenirs inquiétants, une impression de menace au quotidien, éviter certains comportements qui rappellent l'événement et l'apparition, après le premier événement, de troubles nerveux ou de réflexes de surveillance, hypervigilance).

De tout temps, ce type de syndrome a été associé à des évènements très traumatisants. Des guerres, des catastrophes naturelles. Mais plus récemment, il a aussi été assimilé à une véritable maladie. Idées suicidaires, dévalorisation du moi, dépression…, les symptômes sont relativement nombreux. Dans cette étude, 40% des sujets ont développé l’un ou l’autre.

En revanche, 10% des malades ont présenté un stress port-traumatique typique, avec un tableau clinique complet. A tel point qu’ils ont éprouvé des difficultés à suivre fidèlement le traitement prescrit suite à leur infarctus.

« Il y a deux maladies : celle soignée par le médecin et celle vécue par le patient. Ces deux maladies sont différentes à bien des égards. » Cette réflexion du psychiatre américain Arthur Kleinman illustre parfaitement le problème des conséquences psychiques d’un syndrome coronarien aigu.

La Seringue.