Il y a des jours où, sans que vous sachiez réellement ni le pourquoi ni le comment ni le parce que, une grande lassitude vous envahit. Une bouffée de dégoût vous remonte dans les narines, vous prenez la saveur amère de votre condition et vous vous dites qu'il vous faudrait changer d'air et vite...

Votre vie vous lasse, la mélancolie vous gagne ainsi qu'un profond ennui. Une envie irrépressible de tout bazarder s'empare alors de vous et se répand à la vitesse d'une embolie gazeuse dans votre petit encéphale en ébullition.

Vous pensez soudain à la morosité de votre existence et à la grisaille de votre vie. L'herbe étant toujours plus verte chez le voisin, vous rêvez de changement et d'un ailleurs qui vous emmènerait loin  de vos préoccupations basiques et tellement banales au final.

Ce spleen qui vous traverse ne dure en général pas très longtemps, la réalité bien palpable de votre quotidien se rappelant joyeusement à vous (les enfants qui sortent de l'école, la cocote minute qui siffle, le téléphone qui sonne....) et vous ramenant dans le droit chemin de votre existence. C'est fou comme le côté sécuritaire de nos vies produit comme renoncement !

Mais parfois, l'envie devient plus forte qu'un quotidien ordinaire et un ordre établi. Le besoin de changement s'impose à vous comme une nécéssité vitale, comme l'oxygène indispensable à toute forme de vie. Et il vous faut alors faire le choix de vos possibles et rayer les mentions inutiles. Vous mesurez 1.40 m, vous avez plus de 30 balais, vous ne serez jamais mannequin chez Dior, tenez-vous le pour dit. Vous êtes aussi douée en cuisine qu'une poule avec un couteau, vous ne serez jamais le concurrent de Bocuse, c'est une certitude ! Passé le temps de l'utopie : être équilibriste au cirque Médrano, dresseur de loulous, dynamiteur d'aqueducs (merci Bashung !) vient l'heure du constat réaliste de vos capacités et l'ébauche de projets.

 

En tant que profession libérale, il faut être armé pour envisager une quelconque reconversion professionnelle. Nous sommes tributaires de cotisations retraites et URSSAF calculées, à titre provisionnel, en pourcentage des revenus de l'année N - 2 et régularisées lorsque le revenu de l'année N est connu. Il vous faut donc anticiper le paiement desdites cotisations. (En résumé, épargner deux années de cotisations pour solder son compte).

Lorsque l'on parle de reconversion, on parle de Congé Individuel de Formation (CIF).

Nous cotisons chaque année pour la Contribution à la Formation Professionnelle (CFP). En 2015, le montant s'élève à 0,25 % du plafond annuel de la sécurité sociale soit la somme de 94.00 euros. La cotisation est collectée par l’URSSAF qui la reverse au FAF-PL (Fonds d’Assurance Formation-Professions Libérales).

Si vous souhaitez comme tout le monde bénéficier d'une prise en charge de votre formation, il vous faudra passer par le FIF-PL qui est un fonds d’assurance formation agréé par Arrêté Ministériel du 17 mars 1993, publié au Journal Officiel, le 25 mars 1993.
Il a été créé à l’initiative de l’UNAPL (Union Nationale des Professions Libérales) et des organisations professionnelles adhérentes, conformément aux dispositions de la loi du 31 décembre 1991, portant sur la formation continue des Travailleurs Indépendants et des Professionnels Libéraux, faisant obligation à tous de s’acquitter de la Contribution à la Formation Professionnelle (CFP). Les organisations syndicales étudient et arrêtent chaque année des critères (thèmes et montants) de prise en charge spécifiques à leur profession. Ces critères de prise en charge peuvent être consultés sur le site du FIF PL.

Mais, car il y a toujours un "mais", les formations proposées ont un rapport avec votre profession actuelle et vous, vous voulez CHANGER de métier, qu'on se le dise !

Il vous reste deux alternatives :

–  Arrêter votre activité, vous inscrire comme demandeur d’emploi et suivre une formation gratuite et rémunérée (même si vous n’avez pas droit aux allocations chômage) par le Conseil Régional.

– Financer vous-même votre formation.

Ce qui implique au final d'être extrêmement motivé dans ses choix et d'avoir un matelas d'économie assez conséquent à disposition pour franchir le Rubicon.

La Seringue.

 « La chèvre ne mange que là où elle est attachée ».(proverbe camerounais)