Le droit de réponse permet à chaque personne physique ou morale mise en cause dans les journaux, sur les antennes d'une radio ou d'une télévision de riposter aux propos tenus la concernant et qui sont susceptibles de porter atteinte à son honneur ou à sa réputation.

Si la mise en cause d'un individu est une condition nécessaire, elle n'est pas pour autant suffisante. La personne doit avoir été atteinte dans son honneur ou sa réputation : une atteinte qui suppose un préjudice, lequel résulte d'imputations à caractère diffamatoire, injurieux ou offensant

Ce droit existe en France, en fonction des médias, depuis la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881prévu à l'article 13, depuis la loi de 1974 sur la communication audiovisuelle, via l'article 6 de sa version remaniée en 1982, et depuis Loi pour la confiance dans l'économie numérique et ses décrets d'application de 2007.

La réponse doit être demandée dans les trois mois à compter de la publication de l'article ou de la diffusion. Elle doit être adressée, par lettre recommandée avec accusé de réception, au directeur de la publication. Le média a trois jours pour la publier ou la diffuser, délai réduit à 24 heures en période de campagne électorale. Il doit la présenter dans le même corps typographique. La diffamation en droit français est plus facile à invoquer lorsque le droit de réponse est refusé.

 

Comme cela m'afflige de voir que nous restons prostrés devant le flot d'affaires de fraudes nous concernant, et puisque le bébé qu'est Infin'Idels grandit de jour en jour, je me suis laissée aller à disposer du droit de réponse de l'association qui, forcément, aurait beaucoup plus de poids que la bafouille de la pauvre timorée solitaire que je suis, envoyée au Parisien ou à Nice Matin. Rien n'est figé, tout est modulable, d'ailleurs, nous pouvons même ne pas adhérer au projet, j'y ai songé moi-même parce que c'est un petit jeu dangereux qui, parfois, ravive la braise au lieu d'éteindre l'incendie. Mais je crois sincèrement que nous ne sommes plus à ça  près. Il faut simplement éviter d’avoir des réactions trop émotives ou trahissant un trop grand énervement.(Je promets que je vais essayer mais c'est pas gagné !)

 

INFIN'IDELS                                                                                                                Sigean, le ...........................................2015

3 rue Marie Curie                         

11130 SIGEAN                                  

(Dans une lettre, il faut une en-tête que l'on sache clairement qui écrit et donc forcément, sur ce coup là , c'est encore la boîte aux lettres de Michelle Drouin qui s'y colle !!! N'est pas chef qui veut et faut en payer le prix, c'est le jeu ma pauvre Lucette !!!  Chacun sa croix, y'a plus internet par chez vous il paraît mais ya encore des facteurs au moins ? Et puis imaginez SIGEAN, inconnu de tous va devenir célèbre, SIGEAN en lettres d'or au fronton de la ville, elle est pas belle la vie !)

Ensuite, faut un Objet qui peut être formulé comme ceci : (j'ai pris un exemple, y'en a des caisses, j'allais pas me priver !)

Objet : Droit de réponse à votre article du 11 juin 2015 intitulé  "Lyon : Un couple soupçonné d'une escroquerie à la sécu de plus d'1 million d'euros"

 

                                                                                                                                         20 MINUTES

                                                                                                                                         32 RUE NEUVE

                                                                                                                                         69002 LYON

 

Madame ou Monsieur le Directeur/trice de la Publication,

 

Nous sommes une association d'infirmiers libéraux de plus de mille personnes qui, depuis plusieurs mois, luttent sans relâche afin de trouver des solutions pour se défendre face aux abus des caisses d'assurance maladie qui interprétent à l'envi notre nomenclature nous faisant sombrer les uns après les autres dans la délinquance. Les affaires de fraudes à la sécurité sociale nous concernant fleurissent dans la presse chaque semaine. Vous pouvez donc imaginer dans quel climat de suspicion nous travaillons chaque jour.  Nous sommes un peu plus de 92 800 infirmiers libéraux répartis sur toute la France et nous travaillons en moyenne entre 12 et 15 heures par jour, 69 % de nos patients ont plus de 65 ans, nous réalisons environ 600 millions d'actes de soins par an et notre chiffre d'affaire annuel moyen est de 80 K€.(source GIE-SESAME VITALE - NOVARTIS PHARMA). Le"prendre soin" (en  anglais, on utilise le terme de "caring" )renvoie à une action dirigée vers quelque chose ou quelqu’un dans une attitude de sollicitude et d’attention. Cette relation ne peut exister et ne se développer qu’à partir du moment où la personne accompagnée nous attribue égalitairement ce statut de sujet, porteur d’un rôle social déterminé par l’appartenance au corps infirmier, symbole d’attention, de dévouement et de compassion, donc d’un professionnel porteur de compétence dans le soin et dans la relation s’y rattachant. Si la personne soignée nous considère comme de potentiels escrocs, la relation à l'autre s'en trouve fortement perturbée. Les commentaires relatifs aux scandales de fraudes en témoignent chaque semaine.

Nos voitures sont trop grandes, trop belles, trop chères !  Oui mais elles sont notre bureau, notre cantine et nous y passons la journée. nous sommes particulièrement exposés aux risques professionnels : accidents routiers, troubles dorsolombaires, affections psychosomatiques et cardiovasculaires liées au stress des contraintes de temps et de sécurité.

Nous sommes riches comme Crésus ! Si l'on considère qu'un infirmier  effectue en moyenne 241 actes par semaine et qu'il travaille 40 semaines par an ( 12 semaines de congés, c'est énorme et beaucoup en rêvent !) qu'il gagne 80 K€/an, il fera en moyenne 9640 actes par an rémunérés 80 K€ soit une moyenne de 8.29 euros brut de l'acte. Ce qui nous ramère à 4 euros et des broutilles Net  de l'acte. (source GIE-SESAME VITALE - NOVARTIS PHARMA). Moins qu'un Smic ! Vous imaginez donc bien qu'il faut travailler énormément pour gagner sa vie.

Les infirmiers libéraux sont aujourd'hui proches du  burn out, en tout cas on estime que 62 % d'entre eux le sont. Nombreux sont ceux qui songent à raccrocher la blouse. Les raisons invoquées le plus fréquemment sont la peur de facturer leurs actes, le manque de reconnaissance, la charge de travail, le stress.


Certes, nous ne remettons pas en cause votre travail de journalistes mais nous ne sommes pas certains que faire de la surenchère en terme de montants escroqués nous aident dans notre quotidien. Les termes de fraude ou d'escroquerie se suffisent à eux-mêmes. Les sommes indues réclamées par les caisses représentent le plus souvent la globalité de plusieurs années d'exercice pour l'infirmier suspecté. Nous avons toutes et tous appris à prendre soin de nos patients et ce, chaque jour, de l'aube à la nuit tombée, les dimanches et les jours fériés mais nous n'avons jamais appris à nous défendre contre les organismes qui nous rémunèrent. Dorénavant, l'heure est au changement et nous ne nous laisserons plus piétiner et salir.

Nous vous invitons donc, Monsieur/Madame le directeur/trice de la publication à venir si vous le souhaitez mesurer la détresse de notre profession sur notre page facebook "infin'idels" et vous remercions de bien vouloir publier ce droit de réponse qui nous est acquis.

 

 "le soin est l’expression agissante de mon humanité."  (Svandra, 2009)

   

                                                                                                      Association Infin'Idels