"Konnichiwa Tokyo !" (Bonjour Tokyo !)

Le Lean Management a été inventé à la fin des années 80 au japon dans les usines Toyota. Il s’agit d’une démarche de chasse aux gaspillages sous toutes ses formes. Qu’il s’agisse de temps d’attente, de transport, de mouvements de biens, d’informations, de l’humain, de traitements inutiles, de stocks inutiles, de non-qualité, de sur-qualité.

En clair c’est un système de gestion et/ou d’organisation cherchant à éradiquer toute forme de gaspillage par des actions continues et progressives impliquant l’ensemble du personnel. La finalité aboutit à dégager des gains de productivité de l’ordre de 20% ! Essentiellement sur le poste main d’oeuvre. Le lean management est fondé sur l'amélioration continue, aussi appelée au Japon kaizen. Les conséquences sont une remise en cause des savoir-faire, l’importance du changement, la perturbation du mode management, une formation insuffisante, une mauvaise explication des enjeux et une reconnaissance aux abonnés absents. La rationalisation du travail est excessive, les marges de manoeuvre inexistantes. Le Lean management peut nuire gravement à la santé des salariés : pénibilité, risques psychosociaux. Rappelons la définition des risques psychosociaux : leurs troubles apparaissent lorsqu’il y a un déséquilibre dans le système constitué par l’individu et son environnement de travail. Leurs conséquences sont multiples pour la santé physique et psychique. C’est une probabilité d’apparition de trouble psychosocial ayant pour objet l’environnement professionnel.

Les atouts du Lean Management

 

En 2011, le Club des Acteurs de la performance publique interviewait Julien Sanson, directeur général adjoint des Hospices Civils de Lyon. Ce monsieur, lors de son entrevue nous faisait l'apologie du Lean Management, en bref, le comment du pourquoi du parce que ce serait mieux pour tout le monde, une sorte de vie en rose à la mode bisounours.

Petits extraits choisis :

"Pour mettre en œuvre notre projet d’établissement Cap 2013, nous avons fait le pari d’une démarche pragmatique, orientée vers les résultats. Cette démarche repose sur quelques principes de bon sens, qui sont autant d’atouts de la démarche lean : faire de l’amélioration de la qualité de prise en charge des patients l’objectif central de la démarche, la performance économique n’étant qu’une conséquence ; quitter la “logique audit” et montrer des résultats tangibles et visibles très rapidement, sur lesquels les équipes peuvent s’appuyer pour continuer à progresser ; mettre les opérationnels (équipes de direction et personnel médicaux, soignants et non-soignants) au cœur de la démarche ; partager les constats, les objectifs et les concepts avec tous les acteurs, avant et pendant le projet ; se concentrer sur des solutions applicables rapidement et affiner ensuite ; tester sur des sites pilotes, avant de déployer dans le reste de l’institution, une démarche progressive et qui engagera progressivement l’ensemble de nos établissements ; travailler dans la durée : c’est une démarche de fond pluriannuelle, qui appelle un transfert de compétences méthodologiques pour rendre nos équipes autonomes."

"L’essoufflement ou la démobilisation est naturellement un écueil traditionnel dans de telles démarches. Pour éviter ce risque, nous misons sur plusieurs leviers.  Le premier est le transfert de compétences des consultants vers les équipes médicales et soignantes. L’idéal en la matière est de pouvoir s’appuyer de manière pérenne sur des acteurs qui vont se sentir investis, au quotidien, de la mission de faire vivre la démarche. Le second levier est la mise en place d’une nouvelle gestion de la performance entre la direction et les opérationnels. Le dialogue de gestion doit être réorienté vers l’amélioration opérationnelle et plus seulement guidé par une simple logique budgétaire. Le troisième levier est le déploiement d’outils simples pour que les indicateurs nécessaires au suivi de la performance soient disponibles dans les meilleurs délais et véritablement utilisés par tous les acteurs. Enfin, le quatrième levier est d’animer la démarche dans l’ensemble de l’institution, ce qui implique le déploiement de référents opérationnels qui sont chargés, désormais, de faire vivre et de diffuser les méthodes et les bonnes pratiques des sites pilotes vers les autres sites des HCL." (club.acteur.publics.com - juin 2011)

En résumé : Amélioration de la qualité de prise en charge des patients avec moins de moyens mais en vous donnant l'illusion que vous êtes au centre des décisions, ce qui flattera votre ego et, par effet rebond, vous impliquera à fond dans le projet. On maintient donc le vieil adage selon lequel on peut y arriver même avec trois bouts de ficelle et beaucoup de sacrifices.

Quelques résultats

Hôpital de la Croix-Rousse de Lyon : Grève contre le sous-effectif en Réanimation chirurgicale

L’Hôpital de la Croix-Rousse emploie 2 500 agents. Il fait partie du regroupement hospitalier des Hospices Civils de Lyon, où travaillent 17 000 agents au total. Comme dans tous les hôpitaux publics, le sous-effectif, conséquence des politiques de « rentabilité » qui se renforcent depuis quelques années, fait rage. Non sans provoquer, d’ailleurs, des réactions de la part des travailleurs. Comme, ces derniers mois, la grève des services de Réanimation et de Soins Intensifs de Cardiologie contre la suppression d’un poste d’aide-soignant de nuit, ou la mobilisation des laboratoires des Hospices Civils de Lyon contre leur restructuration, qui s’accompagne de suppressions de postes. Ou encore, fin 2011, la grève du service de Pneumologie contre la suppression de postes de soignants lors de la mutualisation de deux services.Ce 13 juin, le service de Réanimation chirurgicale s’est mis en grève pour protester contre le sous-effectif chronique.(convergencesrévolutionnaires.org - Juillet 2012)

Une prime d’environ 50 euros, jugée “non réglementaire”, a été supprimée dans certains services de gériatrie des Hospices civils de Lyon (HCL).

Une cinquantaine d’euros. C’est le montant de la prime mensuelle auparavant reversée aux infirmières et aides-soignantes des services de gériatrie de l’hôpital Édouard-Herriot. Une gratification supprimée le 1er juillet au grand dam des personnels concernés. Cette prime “NBI” est attribuée depuis 1993, par décret, aux personnels de gériatrie travaillant dans des services ou établissements de long séjour. “Aux HCL, cette prime avait également été attribuée aux agents dans certains services de court séjour ou de rééducation”, explique Jean-Paul Lecomte, directeur du groupement de gériatrie au sein des Hospices civils de Lyon. Pour les HCL, il n’y avait donc pas de “raison réglementaire d’appliquer cette prime” dans les services d’Édouard-Herriot qui ne sont pas des services de long séjour.(lyoncapitale.fr - juillet 2014)

Rentrée difficile aux Hospices civils de Lyon.... Après le centre de rééducation Henry-Gabrielle, où les personnels sont mobilisés contre la suppression de postes d'aides-soignantes et d'infirmières, la grogne gagne du terrain dans d'autres services et hôpitaux lyonnais. Edouard-Herriot en grève mardi.

A la Croix-Rousse, l'inquiétude concerne des postes de contractuels à la maternité et en néonatalogie, tout comme à l'hôpital Edouard-Herriot (HEH), où une grève est prévue mardi. Fait rare, tous les syndicats appellent à se mobiliser pour protester contre la privatisation de l'entretien des parties communes de l'hôpital et la diminution des effectifs. « La direction des HCL estime encore qu'il y a trop de monde et veut faire le ménage, indique Noria Benrabah, déléguée Sud à HEH. Sauf qu'en 5 ans, 1 000 postes ont déjà été supprimés et que dans les services, dès qu'il y a une personne en arrêt maladie, c'est la catastrophe. » Pour dénoncer ces suppressions de postes et demander l'embauche des contractuels, un appel à la grève concernant tous les personnels des HCL a été lancé pour la journée de jeudi. Les manifestants ont prévu de se rassembler devant la direction générale, quais des célestins (20minutes.fr - sept 2014)

Conclusion

Julien Samson a depuis rendu son tablier, laissant la gestion à d'autres qui sans doute, feront autant rêver. Il a quitté son poste de directeur général adjoint des Hospices Civils de Lyon pour rejoindre le laboratoire pharmaceutique GlaxoSmithKline France comme directeur de marketing où ses performances, j'en suis certaine, ne seront pas remises en question.

La Seringue.