Ou comment fait-on du chiffre avec le malheur des autres !

Alors depuis plusieurs jours, la France découvre le Burn-out avec un effroi à vous faire péter un thermomètre au mercure.

Notre cher député Benoît Hamon, souhaitent  faire reconnaître le Burn Out comme maladie professionnelle (serait-ce par pure démagogie ?), et chacun y va de son laïus sur le sujet.

Tous les médias s'emparent du phénomène avec une frénésie propre à notre temps, n'oublions pas que nous vivons une époque formidable où l'émotion est reine et le populisme roi !. C'est donc la foire aux dépressifs et on s'en met jusque là !

C'est à celui qui donnera la plus belle définition, le plus bel enrobage à notre bonbon qui donne le bourdon, entendez ce qui fera pleurer dans les chaumières la ménagère, son mari et ses enfants prostrés devant le journal de 20 heures.

Tous les qualificatifs possibles et imaginables sont utilisés par les journaux pour parler de la toute relative "nouvelle" maladie, on écrit même son histoire et sa chronologie, c'est vous dire puisqu'ils ont remonté le temps jusqu'en 1599 où ils ont pêché le burn-out dans un sonnet de Shakespeare (véridique ! j'invente même pas). On interpelle le quidam pour savoir comment il a vécu l'exil vers la planète burn-out et comment il en est revenu, et comment c'était terrible, terrifiant, terrorifiant enfin j'ai même plus les mots pour en parler...

 

On vous donne  tous les symptômes pour savoir si vous êtes atteint de burn-out ou tout simplement pour reconnaître un collègue infecté... Parce que oui, les médias, sous couvert de vulgarisation nous donnent le sentiment effronté de pouvoir devenir médecin, psychiatre, astronaute ou physicien nucléaire en lisant vingt lignes dans un canard. On vous explique aussi comment éviter l'irréparable parce qu'on aime vous foutre la trouille toute l'année. Au moins, vous vous tenez tranquille, et pendant ce temps, vous n'avez aucune vélléité de rébellion, de contestation, de résistance ou de soulèvement. Bref, on vous endort...

On vous parle thérapies parce que c'est vous qui êtes "malade". On vous parle prévention aussi, mais elle est toujours centrée sur l'individu et non sur les racines du mal, et surtout, c'est vous que l'on veut à tout prix soigner avec des prothèses qui sont sensées vous sortir de ce mauvais pas mais qui en fait ne sont là que pour prolonger votre durée de vie dans un job où les conditions de travail resteront désespérément les mêmes.

Cette reconnaissance du burn-out comme "maladie professionnelle" verrait le salarié, victime de ce syndrome pris en charge par les cotisations patronales et non plus par la Sécurité sociale. Ce qui pour nous, professionnels de santé libéraux reconnus comme étant une population à risque , ne changerait...... absolument rien...

Combien de professionnels de santé seraient épargnés s'ils avaient des conditions de travail décentes, s'ils étaient reconnus, s'ils n'étaient pas débordés par un travail admnistratif toujours plus chronophage, si leurs compétences n'étaient pas bafouées, s'ils étaient écoutés, combien ?

Avec des "Si"...

Allez dormez braves gens, demain, on aura déjà tout oublié, l'information est éphémère de nos jours et il faut vite passer à autre chose sinon on crève d'ennui !

La Seringue.