La pilule contraceptive est le moyen le plus utilisé  pour contrôler à la fois l'ovulation et le cycle menstruel. En France, deux femmes sur trois âgées entre 18 et 50 ans l'utilisent. 

En 1951, aux États-Unis, le Dr Gregory Pincus ouvre un centre de recherche en biologie pour travailler sur les hormones sexuelles. Cinq ans plus tard il met au point, avec son équipe, une combinaison de progestérone et d’œstrogène de synthèse (hormones feminines) : c’est la première pilule, baptisée Enovid. Il s’agit d’un médicament hormonal qui bloque l’ovulation. Testée à Porto rico  pour la première fois en 1954, elle se révèle parfaitement efficace. Le Dr Marie-Andrée Lagroua-Weill-Hallé, le Dr Pierre Simon et Evelyne Sullerot créent en 1956 le mouvement « La maternité heureuse » pour  permettre aux couples mariés, grâce à la contraception, de n’avoir des enfants que lorsqu’ils le désirent. En 1960, ce mouvement deviendra le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF).

 

La pilule est commercialisée pour la première fois en Allemagne Fédérale dès 1956, avant même que la vente ne soit autorisée dans le pays de son invention, les États-Unis (en 1960). Elle ne sera légalisée en France qu’à partir de 1967 (loi Neuwirth) qui abroge les articles du code de la santé réprimant la propagande anticonceptionnelle et autorise l’importation, la fabrication des contraceptifs. Les premières AMM ne seront délivrées qu’en 1973 pour le Stédiril.

►La pilule de 1ère génération apparaît dans les années 60, elles sont fortement dosées en oestrogènes. Parmi leurs effets secondaires citons par exemple, le gonflement des seins, les nausées, les  migraines, les troubles vasculaires. Aujourd'hui, Triella est la seule pilule de première génération commercialisée en France.

Les pilules de 2ème ont été commercialisées dans les années 70 et 80...Ces pilules contiennent des progestatifs (norgestrel, lévonorgestrel). Le changement de composition a permis de réduire certains des effets secondaires liés aux pilules de 1ere génération. Les pilules de 2e génération (aujourd'hui  Minidril,  Adépal, Trinordiol) présentent néanmoins toujours un risque de thrombose veineuse parmi leurs effets secondaires.

Les pilules de 3ème génération sont apparues dans les années 1990, elles associent trois nouveaux dérivés synthétiques de la  progestérone, le désogestrel, le gestodène et le norgestimate. Elles sont censées limiter les effets indésirables des pilules des générations précédentes comme l' acné, les douleurs mammaires ou les nausées par exemple. Mais ces pilules sont associées à des risques d'accident thrombo-embolique plus élevés que les pilules de deuxième génération.

Les pilules de 4ème génération,plus récentes, contiennent un nouveau progestatif, le drospirénone. Leurs effets secondaires sont proches de ceux des pilules de 3e génération.

La légalisation de la contraception orale aura bientôt un demi siècle. Elle a permis de contrôler la démographie, elle a donné le pouvoir aux femmes de choisir, "Un enfant si je veux, quand je veux".Elle a révolutionné complètement notre mode de pensée concernant la grossesse et implicitement, le statut de la femme qui est devenue actrice de son existence.

J'ai eu vingt ans dans les années 80, et je me souviens du mépris que nous pouvions avoir pour toute une société que nous considérions comme réactionnaire et  qui pratiquait la méthode Ogino basée sur le calcul des périodes d'ovulation, le port du préservatif ou tout simplement le coït interrompu.

Sous couvert de libertés, nous  étions en fait peu tolérants.

Depuis, de nombreux raz de marée sont passés dans nos existences qui rêvaient d'idéaux aboutis.

Le virus du SIDA fait son entrée triomphante dans ces années là mais il faudra attendre la fin de la décennie pour que la communauté internationale s'en émeuve et entame un long travail de prévention. Le préservatif fait alors son retour sur le devant de la scène par crainte de contagion.

En décembre 2013, la pilule Diane 35, pilule de 3ème génération vendue depuis 25 ans est retirée du marché sur la base de données nationales de pharmacovigilance floues et tenues secrètes. Pressentant un nouveau scandale de type Médiator se profiler à l'horizon, Diane 35 entraîne dans son sillage les autres pilules de 3ème génération qui, elles, sont toujours délivrées mais ne bénéficient plus du remboursement accordé par les caisses.

En 1975, on découvrait 7 000 cas de nouveaux cancers du sein par an en France.

En 2013, on approche des 60 000 cas, et chez des femmes de plus en plus jeunes...

En 2005, le CIRC (Centre international de recherches contre le cancer) a classé les contraceptifs oraux oestro-progestatifs comme substances cancérigènes de catégorie 1. L’information a été publiée en plein mois d’août, elle est passée inaperçue chez les journalistes et la Ligue contre le Cancer, malgré ses millions d’euros de budget de communication n’en a pas fait la publicité… (Catégorie 1 = cancérogène certain). La pilule est donc au cancer du sein ce que l’amiante est au cancer de la plèvre. La pilule est un perturbateur endocrinien récemment recensée comme telle par l’ANSES ( Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) au même titre que les phtalates ou le bisphénol A.

Le cancer du sein est, en France, le plus fréquent des cancers chez la femme et la première cause de décès par cancer. Selon la fondation ARC pour la recherche contre le cancer, 60 à 70 % des cancers du sein sont hormono-dépendants.

Les pilules contraceptives à forte dose d’œstrogène (1ère génération- Triella® en France) sont associées à un risque de cancer du sein multiplié par 2,7

Les pilules à dose modérée d’œstrogène (2ème génération- Minidril®, Adepal®, Trinordiol®) sont associées à un risque de cancer du sein accru de 60%

Les pilules contenant du Diacétate d’éthynodiol (Encore Triella® pour la France) sont associées à un risque de cancer du sein multiplié par 2,6

Les pilules contraceptives à faible dose d’œstrogène n’augmentent pas le risque.

Des augmentations du risque de cancer du sein, avec l’utilisation de la pilule, qui doivent être confirmées et doivent être interprétées avec prudence, selon les auteurs de l' Etude Cancer Research Center Fred à Seattle, car le cancer du sein est rare chez les jeunes femmes et les bénéfices de l’utilisation de contraceptifs oraux (et autres) sont indiscutables.(risque accru de 60 % pour les pilules de 2ème génération, c'est tout de même parlant je trouve !!)

(Source Etude Cancer Research Center Fred à Seattle)

Des millions de femmes utilisent chaque jour la pilule : il en résulte une pollution chimique – via les urines et les eaux usées – de l’eau du robinet mais aussi des terres, des rivières… En l’occurrence, les molécules oestrogéniques ont envahi la nature, ce qui explique que certaines espèces se féminisent comme les poissons… et les hommes. Et ce n’est que l’une des conséquences possibles…

 A qui profite le crime ? A l'industrie pharmaceutique sans aucun doute puisqu'après avoir empoisonné des millions de personnes, il faut aujourd'hui trouver d'autres molécules pour les soigner. Parlera-t-on un jour de scandale sanitaire ?...

La Seringue