Confronter les chiffres, aligner des noms et écrire l'histoire pour prendre l'ampleur des dégâts que le suicide fait chaque année chez les soignants et surtout pour ne pas les oublier et leur rendre  hommage.

Cette liste n'est pas exhaustive, elle omet tous les anonymes qui se sont tus en silence, ceux qui n'ont pas eu la primeur d'avoir quelques lignes rédigées dans un journal,  ceux qui n'ont pas été soutenu,  ceux qui ont sombré  ou qui se sont perdus.

Pour tous ceux-la et pour ceux qui restent, je voudrais dire qu'il est temps que le débat s'ouvre sur une politique de santé qui ne laminent pas les soignants afin qu'ils puissent travailler sereinement et efficacement. Rappelons que  le burn-out touche plus de 40 % des professionnels de la santé dans notre pays.

Juin 2007 :

Un masseur-Kinésithérapeute d'un hôpital de Reims a tué hier matin avec une arme à feu une de ses collègues et une amie de cette dernière. Il s'est ensuite précipité sur son lieu de travail pour tout avouer à son épouse avant de mettre fin à ses jours.

juillet 2008 :

Une cadre de 32 ans se suicide à son domicile le 1er juillet 2008 et laisse une note dans laquelle elle dénonce ses conditions de travail L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a indiqué le 12 juillet 2012 qu'elle allait reconnaître comme étant imputable au service le suicide en 2008 d'une cadre de radiologie de l'hôpital Bichat-Claude Bernard (Paris), à la suite d'une décision du Tribunal administratif de Paris.

Octobre 2010 :

Marie-Magdeleine Gressé, 59 ans, s’est donné la mort chez elle, elle était médecin du travail à Strasbourg depuis une trentaine d’années, en arrêt maladie depuis près d’un mois.

Juillet 2011 :

Un interne du service des urgences du Chu de Rouen s'est suicidé, après sa nuit de garde, en se jetant d'un 11e étage. Il y a quelques mois seulement, un autre urgentiste de 36 ans, à Montpellier, mettait aussi fin à ses jours. Les situations de stress et de burn-out chez les praticiens hospitaliers sont de plus en plus fréquentes.

Décembre 2011 :

Mardi, Stéphane Coulier, kinésithérapeute à Wormhout, s'est pendu avec son épouse, après avoir reçu un courrier de l'Assurance maladie pour un contentieux que l'organisme évaluait à près de 200 000 €.

Janvier 2012 :

Quatre employés du CHRU de Lille se sont donnés la mort en l'espace de quinze jours hors du lieu de travail, a-t-on appris aujourd'hui auprès des autorités sanitaires, qui ont diligenté une enquête administrative et une mission de l'Igas (Inspection générale des affaire sociales.

Le premier cas de suicide, survenu le 8 janvier, a touché un agent de service hospitalier, père de trois enfants et âgé de 34 ans, qui travaillait en réanimation neurochirurgicale. Dans ce service, deux aide-soignantes qui se connaissaient - dont une âgée de moins de 30 ans - qui travaillaient depuis 2010 et avril 2011 au CHRU, se sont donné la mort dans les jours qui ont suivi. Hier, c'est un aide-soignant d'une quarantaine d'années, qui travaillait dans un service de soins pour personnes dépendantes, qui s'est suicidé alors qu'il était en congé.

Décembre 2012 :

Une auxiliaire de puériculture de 52 ans, travaillant à l'hôpital Robert-Debré à Paris, s'est suicidée fin décembre à son domicile après avoir laissé un message dénonçant ses conditions de travail.

Avril 2013 :

Un médecin de l'hôpital de Nevers, âgé d'une cinquantaine d'années, se suicide dans son bureau. Ce médecin du service de pneumologie, qui ne travaillait pas cette nuit-là, s'est rendu à l'hôpital. Le quinquagénaire est allé dans son bureau, où il a enfilé sa blouse avant de se taillader les veines et de se donner un coup de couteau au niveau de la carotide, a précisé la même source.

Octobre 2013 :

Un gynécologue-obstétricien de la Clinique de Montbéliard dans le Doubs s'est suicidé par pendaison mardi à son domicile.

Mars 2014 :

Une anesthésiste s'est donné la mort dimanche à l'hôpital de Châteauroux, après une très longue garde.

Janvier 2015 :

Un gynécologue obstétricien de l'hôpital privé de Villeneuve-d'Ascq s'est donné la mort lundi matin dans son cabinet avec un fusil de chasse.

Février 2015 :

Un infirmier de l'unité de soins intensifs psychiatriques du centre hospitalier du Vinatier a mis fin à ses jours le dimanche 8 février, à son domicile.

La Seringue.