« Toute personne a droit au travail »
«Au libre choix de son travail »
«À des conditions équitables et satisfaisantes de travail »
«Et, à la protection contre le chômage. »
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Déclaration universelle des droits de l'homme, art. 23, 1948.

 

C'est aujourd'hui la Journée Internationales des infirmiers avec pour thème cette année :

"Les infirmiers, une force pour le changement : des soins efficaces et rentables". 

En regard de la conjoncture actuelle dans notre beau pays de France, nous n'irons pas loin avec ce cri de ralliement qui, il faut bien l'avouer, est assez consensuel, et qui, en évoquant l'idée de changement, nous met immédiatement devant notre futur : à savoir une santé que l'on voudrait efficace, mais avec des moyens réduits à peau de chagrin. La carotte que l'on vous tend devant le nez vous promet le changement dont chacun rêve  mais est assujetti à l'idée de rentabilité et d'efficacité qui sont par définition des concepts assez paradoxaux.

En résumé, le but est de produire de la qualité avec trois bouts de ficelle et implicitement, avec des conditions de travail dégradées.

 

Il en est ainsi de la situation dans laquelle se trouvent les infirmiers libéraux en France actuellement.

En résumé, aujourd'hui nous travaillons trop alors qu' hier nous étions à peine assez nombreux pour assumer les soins à domicile (La pénurie d'infirmiers ayant même entraîné une augmentation des quotas d'admission dans les Instituts de Formation en Soins Infirmiers).

Aujourd'hui, nous sommes donc efficaces mais pas assez rentables. Nous appliquons la cotation de nos soins suivant la Nomenclature Générale des Actes Professionnels, nomenclature obsolète et inadéquate qui, depuis des années demande à être réétudiée en fonction de  notre pratique actuelle. Nous adhérons à une Convention Nationale datant de juillet 2007 qui a été signée pour une durée maximum de 5 ans et qui est donc à ce jour caduque.

Nous voyons chaque jour notre rôle propre bafoué, notre diplôme brocardé. Les conditions d'installation et de pratique deviennent de plus en plus difficiles. Le zônage territorial, l'interdiction de faire de la publicité contrairement aux Services de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD) ou Hospitalisations A Domicile (HAD) génèrent une concurrence déloyale.

Nous assistons impuissants au retour des quotas sous une forme déguisée : la cotation  AIS 3 d'une séance de soins infirmiers qui doit avoir une durée effective de trente minutes, ce qui implique un nombre limité  à 34 AIS par jour. Rappelons qu'une séance de soins infirmiers d'une demi-heure cotée AIS3 est facturée 7.95 euros brut (peut-on être plus rentable ?)

Depuis plusieurs années,  des contrôles parfois musclés relatifs à l'activité entraînent des procédures judiciaires voire pénales générant stress, burn-out et démotivation des libéraux.

Notre avenir est des plus sombres, nous sommes nombreux à vouloir fermer boutique et on nous demande de la force pour le changement et des soins efficaces et rentables !!! Mais de qui se moque-t-on ???

Réservons nos forces pour nous unir. Libéraux de France, Soyons solidaires, Rapprochons nous et Luttons pour la survie de notre profession.

La Seringue.