Chacun sait pour l'avoir vécu, que dans la profession, les infirmières s'adorent !

Potins, jalousies, ragots, commérages, injustices et reproches alimentent et donnent du grain à moudre à celles que l'on appelle les langues de P... euh...  de vipères !!! (faut pas que je me laisse aller sur ce coup là !).

Des études montrent que les femmes sont loin d'être solidaires entre elles au travail. Dans les années 1970, des chercheurs américains ont même donné un nom au prétendu phénomène : le syndrome de la "reine des abeilles" (Queen Bee Syndrom). Au travail, les femmes auraient tendance à éliminer leurs rivales, pour préserver un règne sans partage. Mesdames, vous seriez en quelque sorte des mantes religieuses tueuses de consoeurs !

Mais qu'en est-il exactement ?

 

 

Médire crée du lien social

Comme les primates s’épouillent, l’homme moderne et principalement la femme cancane, bavasse, dénigre enfin jase quoi !

Cela fait du bien de dire du mal de l'autre surtout lorsque cet autre est absent et que l'on se base sur des accusations infondées. c’est beaucoup plus drôle et jouissif.

Selon Laurent Bègue, psychologue social, auteur de "l'agression humaine", "60 % des conversations d’adultes ont pour objet un absent. Et la plupart émettent un jugement ".

Chacun sait que ce n’est pas bien de médire. Et personne n’aime passer pour une langue de vipère. Mais rares sont ceux qui partent ou se taisent lorsque l’histoire est croustillante…

 

 

Pourquoi donc, irréplessiblement, sommes-nous si dépendants à  ce plaisir coupable ?

Malgré sa mauvaise réputation, la médisance a une fonction positive : transmettre les normes et les valeurs du groupe. En désignant ce qu’il ne faut pas faire et en jetant l’opprobre sur ceux qui transgressent, elle tient le rôle d’un mécanisme de contrôle. À cela s’ajoute le délicieux frisson de la transgression, puisque la norme sociale veut que l’on soit aimable et positif. Celui qui dit du mal prend donc le risque d’être mal vu. Pourtant, c’est le contraire qui advient : l’air sincère, le médisant montre à son interlocuteur qu’il lui fait confiance. Touché, ce dernier est alors plus disposé à partager, à son tour, ses secrets. C’est  ce que l'on nomme la "Schadenfreude", terme allemand pour désigner la joie éprouvée face au malheur d’autrui. Ce sentiment qui s'apparente à une forme de sadisme passif car au niveau inconscient, nous survivons à celui que nous voulons éliminer symboliquement.

Nous médisons pour dire nos angoisses, solliciter du réconfort, de l’aide… Pour dire de manière implicite du bien de nous et de celui qui nous écoute, complice. C'est un échec de l'affirmation de soi, lorsqu'on ne s'estime pas, on dénigre l'autre. Nous avons aussi le plaisir d’attiser la curiosité, de monopoliser l’espace de parole, de signaler que nous détenons des informations…Par projection, nous pouvons aussi attribuer à autrui un défaut que nous refusons d’avoir.

La Seringue.

"On voit la paille dans l'oeil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien." (Parabole de la paille et de la poutre, évangile selon Saint Luc)