Les Médicaments

La France est le plus gros consommateur de médicaments d’Europe. Le trou de la sécurité sociale est évalué à 158 milliards d’euros.

De la découverte de la molécule jusqu'à sa mise sur le marché auprès des médecins et des patients, le développement d'un médicament est un processus de recherche et développement (R&D) long et coûteux pouvant durer une quinzaine d'années et représenter un investissement d’environ un milliard d'euros.

Sur 10 000 molécules étudiées en Recherche, environ 100 molécules seront testées en pré-clinique, 10 feront l’objet d’un développement clinique et une seule deviendra un médicament commercialisé !

Chaque année, les Français consacrent 2% du PNB à la consommation de médicaments.

1) Recherche pharmaceutique :

- Identifier une molécule pour répondre à un besoin (recherche fondamentale en adéquation avec une stratégie d'entreprise pour lutter contre une maladie, une épidémie ou encore permettre un mieux être).

- Recherche exploratoire : des milliers de molécules sont soumises à des batteries de tests afin d'étudier leurs propriétés et définir celles qui pourraient avoir un intérêt thérapeutique.

- Dépôt de brevet

2) Essais précliniques :

- Tests in vitro puis sur des cellules, et ensuite sur des modèles animaux

- Evaluation des molécules testées

- Transformation

3) Développement clinique :

- Tests sur l'homme par la réalisation d'essais cliniques (évaluation de l'efficacité et la sécurité du médicament) qui ne peuvent démarrer qu'après un avis favorable du Comité Consultatif de Protection des Personnes (CCP) et l'autorisation de l'Agence Nationale de sécurité des médicaments des produits de santé (ANSM)

4) Développement pharmaceutiques :

- Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) pour la commercialisation du médicament. Le dossier d'AMM est examiné par la commission de transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui donne son avis sur le niveau de Service Médical Rendu (SMR) et l'Amélioration du Service Médical Rendu (ASMR) par rapport aux traitements déjà sur le marché. Ces deux critères permettent de fixer le prix du médicament et son niveau de remboursement par l'assurance maladie.

- Phase de production du principe actif

- Phase de galénique qui détermine le mode d'administration et le conditionnement du principe actif (sirop, gélules, poudre, comprimés...)

Le Prix des Médicaments

C’est l’Etat qui négocie avec les industriels le prix remboursable aux assurés sociaux de chaque médicament. Selon le discours de communication des laboratoires, les prix élevés sont indispensables pour couvrir le coût de la recherche. Sur une dizaine de milliers de molécules testées, une seule arriverait au stade de la mise effective sur le marché. Mais la réalité est tout autre. Les laboratoires gonflent les chiffres en y incluant les dépenses de lobbying, de marketing, de communication et tout ce qui entretient le système de désinformation : les visites médicales, la formation médicale continue - financée à 98% par les labos - le sponsoring de la presse médicale, d’associations… Au final, la recherche coûterait vingt fois moins que ce que prétendent les entreprises.Les laboratoires sont donc les premiers responsables de cette inflation du prix du médicament en France, mais aussi les autorités de régulation qui les adoubent, les médecins qui leur font  confiance et surtout les politiques qui les choient, faisant de la surconsommation et la surfacturation de médicaments un soutien implicite à une filière industrielle.(libération.fr)

En réalité l’industrie pharmaceutique a réalisé en 2012 un bénéfice de plus de 50 milliards d’euros …

Le système de sécurité sociale est mis en danger par une industrie qui se moque du principe d’accès universel dès lors qu’elle peut extorquer des prix faramineux à une partie de la population

Aujourd’hui nous devons refuser le rationnement vers lequel nous conduit la recherche de profits d’une poignée de firmes qui détiennent grâce aux brevets le monopole sur une science en grande partie financée par l’argent public.

A court terme, il existe des outils juridiques pour lever les monopoles et faire produire des génériques à des prix infiniment moins élevés, en France cela s’appelle la licence d’office. A moyen terme, il est temps de faire preuve d’un peu de courage et d’ouvrir un débat sur l’économie du médicament et la façon dont nous finançons la recherche.

Les laboratoires pharmaceutiques sont les plus actifs dans le secteur du lobbying, en particulier en faisant du chantage à l'emploi. Et lorsque l'on prend la liste Forbes des milliardaires dans le monde, on trouve beaucoup de dirigeants du secteur de l'industrie de la santé aujourd'hui très lucratif. Ce n'est pas un hasard. Pendant ce temps-là des millions d'êtres humains n'ont pas accès aux soins.

Johnson & Johnson (États-Unis) : 61,90 milliards de dollars US de chiffre d'affaire, soit environ 90 millions de fois le PIB du Vanuatu.

Pfizer (États-Unis) : 50,01 milliards de dollars US. On lui doit, entre autre, le Viagra mais aussi le Xalkori  (bte de 60) et le Sutent  (bte de 28) qui sont tous deux des anticancéreux  à plus de 5000 euros la boîte

Roche (Suisse) : 47,35 milliards de dollars US. Inventeur de la Vitamine C.

GlaxoSmithKline (Royaume-Uni) : 45,83 milliards de dollars US, de quoi nourrir l'Ethiopie toute entière pendant trois générations.

Novartis (Suisse) : 44,27 milliards de dollars US.

Sanofi-Aventis (France) : 41,99 milliards de dollars US. On leur doit l'invention du Lovenox

AstraZeneca (Royaume-Uni) : 32,81 milliards de dollars US. AstraZeneca a créé l'Oméprazole et le Caprelsa à 4500 euros la boîte de 30 cps

Abbott Laboratories (États-Unis) : 30,76 milliards de dollars US. Parmi leurs produits phares, on retrouve Humira qui agit contre la polyarthrite à 940 euros la bte de 2 seringues)

Merck & Co (États-Unis) : 27,43 milliards de dollars US. Inventeur du Gardasil

Bayer HealthCare (Allemagne) : 22,30 milliards de dollars US.

La Seringue.