Que vous lirez peut-être, si vous avez le temps ...

Madame La Présidente,

Par ce petit matin pluvieux, je suis tombée par hasard sur une entrevue que vous avez accordé à Europe1, radio de grande écoute à l'échelle nationale, en date du 16 avril 2015 suite au vote dans la nuit du 9 au 10 avril 2015 de la suppression de l'Ordre National des Infirmiers par l'Assemblée Nationale et j'avoue que je ne décolère pas depuis cette lecture dans laquelle vous vous exprimez ainsi :

"Le premier syndicat des infirmiers libéraux, le Sniil, précise aussi que l'Ordre, grâce à ses instances disciplinaires, peut mettre fin à la carrière d'un infirmier qui n'est plus apte à pratiquer. "Qui va intervenir si un infirmier a des problèmes d'alcoolisme ou de drogue ?", se demande sa présidente, Annick Touba qui rappelle que les infirmiers aussi sont touchés par ces problèmes, comme les autres professions."

Notre profession est la cible quasi quotidienne des journaux de tout l'hexagone en ce qui concerne la fraude. Nous sommes devenus des voleurs aux yeux de la population que l'on soigne, je le rappelle, et vous parlez de problèmes d'alcool et de toxicomanie chez les infirmiers ! Serait-ce un épiphénomène ou un réel problème de santé publique dans la profession ? J'ai désespérément cherché des études faites à ce propos et je n'ai rien trouvé de probant. Auriez-vous tout bonnement décidé de tirer sur l'ambulance !

Une des missions de l'Ordre n'était-elle pas  tout simplement  de défendre notre honneur et d'assurer notre indépendance comme vous avez la tâche de le faire vous-même au travers de votre syndicat ? Ou alors l'Ordre National des Infirmiers n'avait pour vocations que la sanction et le contrôle ? Si tel est le cas, je comprends réellement les réticences de la profession à son endroit. Aussi, l'avais-je sans doute un peu trop idéalisé...

Donc, pour cette petite phrase assassine, je ne vous dis pas Merci, Madame La Présidente, j'ai rendu ma carte de syndiquée il y a quelques temps déjà et, au vu de vos propos, je ne le regrette pas. Les infirmiers alcooliques et toxicomanes anonymes vous saluent bien bas et, pour ma part,  je vous souhaite plus que du courage pour l'avenir réellement sombre de notre statut de libéral.

Lien de l'article en question ►
http://www.europe1.fr/sante/suppression-de-l-ordre-des-infirmiers-inquietude-pour-les-patients-2429911

 

 

                                                                 La Seringue