Si l'on veut discerner les motivations qui nous poussent à vouloir faire ce métier, on ne peut s'absoudre dans un premier temps de définir la notion de SOIN :

 

"Soin" vient de l'ancien français bisunnia, "souci, chagrin" et "nécessité, besoin". Soigner, c'est se soucier de quelqu'un et prendre en compte ses besoins. Lorsqu'un soignant fait acte de soins, il assure une activité fondamentale à l'entretien de la vie,mais touche aussi au domaine de l'intime. Ainsi, être soignant, c'est vouloir prendre soin avant que de traiter, ce qui recouvre des domaines différents (maintien de la vie et de la santé, éducation, prévention, dimension de  réhabilitation et parfois dimension palliative).
Le professeur Jacquart emploie le terme d'Humanitude pour définir cette relation de lien qui s'instaure avec l'autre par des liens physiques, affectifs, émotionnels et spirituels qui lui sont propres. Ainsi, tout protocole de soin dans toutes ses dimensions doit être adapté à chacun en fonction de l'âge, du sexe, de la culture, du langage, de l'environnement, de l'émotion, de la cognition et de la perception.

Où il est question de Motivation consciente :

La motivation est le fruit d'un choix personnel se basant sur des données à la fois factuelles (matérielles, financières, évolution de carrière..) et affectives (désirs personnels, idéologie humanitaire, intérêt pour la chose médicale..) Ce sont ces motivations qui engendrent une forme de sublimation dans l'exercice professionnel.

Où il est question de part inconsciente dans la Motivation :

Le Sexe et la Mort :le domaine du soin est celui qui concentre en lui seul les deux tabous de l'humanité : le sexe (le soignant voit l'intime) et la mort (il la côtoie), source à la fois de fascination et d'interdits (et qui dit interdit dit désir de transgresser). Exercer la profession de soignant peut permettre d'objectiver la mort pour en écarter ses propres peurs.

 

 

La Réparation : Le soin participe également d'un désir de réparation et l'on ne répare que ce que l'on pense avoir été brisé. La relation soignante apparait alors comme l'expression d'une culpabilité inconsciente que le soignant peut ressentir, ayant souvent trait à des fantasmes archaïques (Fantasmes de caractère œdipien, sexuels, rêveries de satisfaction). Il peut aussi s'agir d'une réparation d'une blessure narcissique personnelle (altérations du sentiment d'amour et d'estime pour soi-même) ou une identification à un membre de sa famille, ou au désir de soigner fantasmatiquement ou réellement un membre de sa famille et correspondre au regret de n'avoir pu le sauver.

 

Le Pouvoir : Etre soignant, c'est également exprimer un savoir, donc un pouvoir sur celui qui est en demande (désir de toute puissance). D'ailleurs le port de la blouse détermine la position privilégiée du soignant par rapport au soigné. Ce sentiment donne de la confiance au quotidien dans la pratique.

 

 

 La Seringue.

 

 (Source : Antoine BIOY, Damien FOUQUES, "Psychologie du Soin")