En 2002 :

La D.S.I.  'Dossier de Soin Infirmier" est issue d’un accord du 12 février 2002, signé entre l’Assurance Maladie et le Syndicat Convergence. C’est un arrêté du 28 juin 2002 qui officialise ce dispositif.

En juillet 2002, la CNAMTS édite un document rédigé par le Docteur F.GIRARD qui explique la D.S.I (buts, objectifs, mode d'utilisation et d'applications, rémunérations, avantages pour la profession infirmière). On y parle de patients en situation de dépendance, de programme de soins personnalisés définis par l'infirmier libéral, on y parle de collaboration avec les médecins, de surveillance clinique et de prévention comme étant des actes reconnus à part entière, on y parle de compétences professionnelles et de responsabilité légitime. La fin de notre longue galère est annoncée au travers de ce dossier de soins infirmiers, on atterrit enfin sur la planète des Bisounours  et on commence à voir la vie en rose forcément...

En 2006 :

Dans la revue "Soins", vol 51, n° 710, Marie-Claire Talon Chrétien écrit :

"Le dernier rapport de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale aborde la question des dépenses en soins infirmiers en libéral et de leurs modalités de régulation, et souligne le peu de recours à la démarche de soins infirmiers (DSI). Les professionnels de santé peuvent légitimement s’interroger sur l’avenir de leur pratique !

À domicile, la pratique infirmière est obligatoirement liée à une prescription médicale, y compris dans l’exercice du rôle propre, tandis qu’à l’hôpital une infirmière peut aller jusqu’à déléguer ce rôle. Sachant que le rôle propre n’est pas limité aux soins de nursing, la DSI est, en pratique, le seul outil permettant d’analyser les besoins du patient à domicile, puis de définir des objectifs de soins.

Dans l’exercice de son rôle propre au domicile, l’infirmier peut être à la fois coordinateur de soins, conseiller en santé et expert en soins. En outre, face à un patient atteint d’une pathologie lourde ou nécessitant une surveillance accrue du fait d’une fragilité psychologique, il est de la compétence infirmière d’assurer la globalité des soins (rôle propre et rôle sur prescription). Par ailleurs, la délivrance de médicaments n’est pas toujours une réponse adaptée, par exemple pour un patient angoissé, qui vient de vivre un événement difficile. Dans ce cas, une consultation infirmière avec élaboration d’une DSI pourrait décharger le médecin et mieux répondre aux besoins du patient.

La DSI se révèle donc fort utile pour les médecins. Et il semble évident qu’elle devrait être rendue obligatoire pour toute prise en charge nécessitant un soin relevant du rôle propre. Le travail effectué au quotidien en serait valorisé ! L’infirmier doit absolument conserver la prise en charge globale du patient pour exprimer pleinement l’ensemble de ses champs de compétences. Sur ce point, la DSI est un outil essentiel !"

On sent fort et ça transpire même qu'à l'époque, ils ont envie de nous la VENDRE leur DSI, de la LEGITIMER, à ce point qu'ils n'hésitent pas à nous proposer des formations conventionnelles (c'est du vécu) : la DSI, le "comment", le "pourquoi", le "quand", le "mais rendez-vous compte des avantages dont vous pourriez bénéficier" le "mais comment, vous cotez AMI 1 + ½  pour la surveillance d'un patient diabétique non insulino dépendant ( glycémie, ta, prise de traitement, éducation) mais vous ne savez donc pas que vous pouvez recourir à l'AIS3 pour la surveillance de votre patient dans sa globalité" Et vous, bonne poire, vous gobez parce que vous croyez enfin qu'on reconnait votre profession, vous sortez de là conquis par les nouvelles dispositions à votre endroit et hardi petit, vous vous lancez dans la démarche de soins infirmiers comme on part à la conquête d'un nouveau continent, : la prise en charge holistique de votre patient. Toutes les théories dont on vous a gavé pendant tout votre cursus scolaire vous remontent soudain dans les narines, vous vous dites, mais oui, mais c'est bien sur,voilà,nous y sommes enfin dans la pratique, fini le bla-bla-bla, la théorie prend enfin forme sous vos yeux ébahis.

Sauf que la sécu et les médecins n'ont pas joué le jeu et que le Bonbon que l'on vous a tendu, si joliment enrobé aura bientôt  pour  vous le goût amer de la cigüe...et annoncera notre mort programmée (dézingage de la profession, procédures pénales et judiciaires, burn-out....) Attention, ceci n'est pas un plaidoyer contre la D.S.I bien au contraine !!! Juste un petite amertume ...

Coup de gueule du matin !!!

 La Seringue.

Avec la