la Nomenclature Générale des Actes Professionnels Infirmiers est un grand labyrinthe dans lequel on s'égare souvent. Il suffit de se promener sur les innombrables forums pour prendre la mesure du grand flou artistique qui y règne. Chacun y va de son avis, de sa cotation, au final, on est encore plus perdu qu'à l'heure du départ et on se demande clairement comment a t-on pu pondre des textes qui amènent à autant d'interprêtations différentes.

Les méthodes employées par l'Assurance Maladie pour traquer les fraudeurs sont pernicieuses. La machine est lancée et rien ne les arrête, ils sont prêts à nous passer à la moulinette.

Il est donc légitime qu'un sentiment de persécution s'empare de nous (la menace étant bien réelle) et que l'on élabore des stratagèmes pour contrer l'ennemi potentiel, à savoir le contrôle. Tous les moyens sont alors bons pour se disculper d'une faute que nous n'avons pas commise (c'est quand même trop fort ça ma brave dame !!!).

L'infirmier photographe :

La moindre sutûre, le moindre fil est traqué par l'objectif et, classé dans un volumineux dossier pour parer à toute attaque. On fait de la photo, de la macro, du avant, du pendant, du après, de toutes sortes de plaies  comme chez le chirurgien esthétique (sauf que lui, c'est pour se faire de la pub !!) On note la date, l'heure, l'âge du capitaine et toute cette énergie pour .............12.60 euros au maximum.

Eh bien NON, je ne suis pas photographe, je me débrouille comme un manche avec un objectif et si toutefois l'idée me venait de me perfectionner, je photographierais la petite coccinelle qui s'ébat dans mon jardin !!! Et je me demande chaque jour, comment a-t-on pu en arriver là ??? Sommes nous si peu sûrs de la valeur de notre travail pour avoir systématiquement à fournir des preuves matérielles de la légitimité de nos actes ???

L'infirmier Angoissé :

La peur du contrôle lui fait vivre des situations émotionnelles extrêmement difficiles. Il n'a trouvé son apaisement que dans la sous-évaluation de son travail, il sous-cote à tout va avec l'espoir qu'ainsi, tout ira bien et qu'il passera entre les mailles du filet. Il est prêt à amputer sur sa qualité de vie pour avoir la PAIX et on peut le comprendre...

Mais qu'en advient-il de la reconnaissance de nos compétences ?

 

 

 L'infirmier perfectionniste :  

Il ne se déplace pas sans notre sainte bible à tous : la NGAP, la convention nationale et tous les décrets et avenants qui l'accompagnent. Il peut réciter la nomenclature par coeur comme on fait son Notre Père, et pourtant, il en refait la relecture chaque fois que le doute sur une cotation le reprend, victime d'une sorte de trouble obsessionnel compulsif. Il s'informe, se renseigne, lit des livres comme La "cotation des actes écrit par Muriel CARONNE, Philippe BORDIEU" pour qu'on lui annonce au final que ce livre n'est en aucun cas une référence aux yeux de la Sécu. Enfin, bref, il s'investit et tente de se protéger ...

 

 

 

L'infirmier grand sorcier vaudou marabouteur international :

Là, ya pas de commentaires à faire, c'est la magie qui sauve un peu comme quand on va à Lourdes. ça ne s'explique pas et puis c'est tout.

 

 

 

 

 

Et enfin ...

L'infirmier reconnu comme un professionnel de santé :

Alors là, il n'y a pas de photos pour en certifier l'existence, c'est une espèce dont on a vaguement entendu parler, un peu comme le yéti quoi !!! Beaucoup se targuent d'en avoir rencontré mais les preuvres sont si minces qu'elles permettent de douter d'une quelconque véracité de ces témoignages...

 

La Seringue.